IVRESSE DÉLIRANTE. I I
ment caractéristique ; en outre, si le délire se montre d'une façon précoce par rapport aux piiénomènes physiques, par contre, il compromet l'intelligence d'une manière plus persistante et s'attarde souvent dans son déclin.
Il est possible, croyons-nous, dans l'histoire des ivresses ajiormales, de réserver une place à côté de l'ivresse excito-motrice (maniaque furieux, convulsivé) et de Vivresse hallucina^ taire à Vivresse délirante ou psychique, dont l'observation de Ferdinand X... nous paraît être un intéressant exemple. Nous en relatons ci-dessous, un second cas, mais d'une façon beaucoup plus sommaire.
Louis L..., vingt-sept ans, célibataire, graveur, se présente, le 27 janvier 1889, au commissariat de police de son quartier et fait, sur un ton dramatique, la déclaration suivante : « Arrêtez-moi ! tout à l'heure j'ai tué ma sœur, madame X..., demeurant rue de L..., n° 95. Je ne sais ni pourquoi, ni comment j'ai commis ce crime, mais c'est fait malheureusement et je viens me rendre. » — D. Vous n'aviez donc aucun motif pour commettre cet acte ? — R. Non. — D. De quel instrument vous êtesvous servi? — R. Je ne sais pas.
On se renseigne aussitôt au domicile indiqué où l'on trouve la sœur de Louis L... quj
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fait connaître qu'elle n'a pas vu son frère depuis quatre jours. Elle ajoute que c'est un mauvais sujet; // lui en peut, dit-elle, depuis quelque temps.
Au moment où Louis L... est amené à l'Infirmerie spe'ciale, il est dans un e'tat d'égarement absolu; après s'être livré à toutes sortes de divagations, mais sans violence et sans la moindre agitation musculaire, il tombe dans l'hébétude et s'endort profondément. Son sommeil dure près de quinze heures et n'est interrompu par aucun soubresaut.
Le lendemain au réveil, il ne sait où il est; il ignore les divers incidents de la veille, sa démarche au commissariat de police, l'aveu de son prétendu crime, l'interrogatoire qu'on lui fit subir, son transfert au Dépôt, etc.
A l'heure de la visite, son attitude est redevenue celle d'un homme raisonnable, maître de sa pensée et de ses actes. Il n'offre aucun des signes physiques du délire alcoolique. L'exhalation pulmonaire révèle l'abus récent des boissons spiritueuses et L... avoue que, la veille, il a bu trois ou quatre verres d'absinthe, ce qui lui arrive quelquefois depuis son service militaire. Au Tonkin où il a séjourné plusieurs mois, il faisait comme les autres, dit-il, et absorbait une assez grande quantité de cette