LES DÉGÉNÉRÉS HÉRÉDITAIRES
explosion de troubles délirants, à marche heurtée, paroxystique, à distribution incohérente et désordonnée, à manifestations protéiformes, à ressauts et à modifications brusques, échappant presque à toute prévision.
Ce n'est que sur ce terrain de choix que l'on constate cette symptomalogie asse^ spéciale pour être spécifique, c'est-à-dire, pour donner Heu à la création d'une entité clinique, la folie des déi^énérés. Celle-ci, forcément très compréhensive, réclame dans son cadre tous les représentants des <ic>/a^/o;z>s psjcho-morales, depuis le plus extrême degré, depuis Vagénésie dégénératire de l'idiot et de l'imbécile, jusqu'à la désharmonie morale de Tindividu, qui, par le développement brillant de ses facultés intellectuelles, se pose au haut de l'échelle, mais reste néanmoins dans la catégorie des déviés, des atypiques, par le fait des lacunes profondes, des anomalies de son organisation, que ne réussit pas à masquer totalement une activité cérébrale supérieure. Que d'infirmes moraux faisant brillante figure dans le monde où s'affirment, chaque jour, la vivacité de leur esprit, l'ingéniosité de leurs travaux, parfois même le côté génial de certaines de leurs productions ! Pénétrez dans l'intimité de leur personnalité psAxhique et vous demeurerez confondu de la
profondeur de certaines misères morales, cachées sous ce riche manteau.
Il est remarquable que la rétrocession dégénérative tend à reprendre, tout d'abord, sur le domaine des acquisitions représentant la somme de perfectionnement actuel de l'être humain, ce qui en est comme le résumé et le couronnement, à savoir les hautes qualités morales directrices. Au premier degré de cette rétrocession, l'altération réside, en effet, principalement dans une lésion des facultés morales et affectives, et par dégradations successives, elle descend jusqu'au dernier échelon des agénésies constitutionnelles.
Mais, qu'il s'agisse de cet état d'oblitération extrême qui annihile, en quelque sorte, la vie mentale, de ce niveau intermédiaire, qui est simple la faiblesse d'esprit, ou de la désharmonie et de la déséquilibration psychique du dégénéré, porté au haut de l'échelle par l'essor de quelques riches facultés, la tare congéniale est de même nature. La dilférence ne réside que dans le degré de l'inhrmité.
Tel est le sol sur lequel il faut s'attendre à voir naître ces anxiétés obsédantes, ces impulsions, ces idées fixes, ces étranges aberrations sexuelles, ces divagations de la vanité morbide, ces crises délirantes polymorphes dont les