Impulsifs proprement dits (monomanes instinctifs
Vidée fixe appétitive du suicide et de l'homicide.
Voici maintenant des faits où \si volonté pervertie luttant contre la raison et triomphant d'elle, le plus souvent, va poser des actes autrement graves. La sollicitation instinctive naît de toutes pièces, en dehors de toute logique, de tout motif même délirant. Elle n'a aucune raison d'être, et pourtant elle l'emporte d'ordinaire en force et en ténacité sur l'idée impulsive qui est la résultante d'un délire de persécutions, par exemple, pour prendre le tjpe logique de la folie. Un malheureux insensé se croit victime d'odieuses machinations, il a souffert longtemps, patiemment, passivement. Un jour arrive, où, à bout de tolérance, il réagit : il se donne la mort pour échapper à son persécuteur, ou bien, se posant en justicier, c'est son ennemi qu'il va frapper sans merci. En cela faisant, il est conséquent avec son délire : suicide ou homicide se réclament de motifs qui, pour être empruntés à des idées fausses, maladives, n'en sont pas moins des motifs. Rien de tout cela dans les faits qui nous occupent présentement. On n'aperçoit pas le point de départ de l'idée fixe impulsive :
l68 KTUDE CLINIQUE.
elle est, voilà tout, mais elle ne s'implante pas dans tout cerveau, au hasard. C'est en cela qu'elle a, malgré le mystère de sa genèse, ses secrètes raisons d'être. L'hérédité morbide est le ferment qui fait germer cette envie apparaissant parfois, comme cela nous est arrivé de le constater, chez un enfant de quatre ou cinq ans venu tout armé dans la vie, avec l'idée homicide.
Marthe G..., âgée de trente-deux ans, demoiselle de magasin, est amenée, le 14 juin 1884, à l'Infirmerie spéciale, à la suite d'une tentative d'asphyxie par le charbon. Par trois fois déjà, elle avait essayé de se donner la mort. Il y a neuf ans, elle s'est jetée à l'eau; comme aujourd'hui, dit-elle, ça la tenait sans qu'elle sache pourquoi : elle voulait mourir. Fille d'un père mort de paralysie compliquée de troubles déli rants, Marthe G... n'avait qu'un frère qui, après plusieurs tentatives infructueuses, a réussi enfin à se suicider. Il s'est noyé à l'âge de vingt-neuf ans..., toujours poussé comme ca, sans cause.
Elle a toujours été bizarre, déséquilibrée. A dix-huit ans, elle eut une fièvre typhoïde qui rendit son état cérébral encore plus précaire. Depuis une dir^aine d'années^ son idée fixe est de mourir.... Elle a des périodes pendant les-