IMPULSIFS PROPREMENT DITS
quelles l'impulsion sommeille. « Mais, nous dit-elle, de ce ton désolé d'une personne vaincue par un entraînement plus fort que sa raison, ça revient tout d'un coup, alors, je n'ai plus que cette idée dont il m'est impossible de donner une explication. Pourquoi est-ce que je veux mourir? Je ne sais pas, mais j'ai beau savoir que c'est absurde, ça me travaille tout aussi fort. J'y pense même la nuit. Je sens bien qu'il faudra que je recommence jusqu'à ce que je réussisse », et elle éclate en sanglots.
Antoine S..., trente ans, peintre sur verre, d'un beau développement ph3^sique, grand, vigoureux, a toujours été bizarre, original, défiant, inégal de caractère et d'une excessive nervosité, dispositions qu'il tient, dit-on, d'une mère hystérique. Une sœur souffre également de cette névrose.
Les premiers troubles nerveux observés chez lui ont consisté en des vertiges impulsifs. Passait-il au bord de l'eau, une force l'attirait... pressante, irrésistible. Pour échapper à l'étreinte de cette fascination, à la sollicitation du suicide, il se mettait à courir, pris, en même temps, de palpitations, d'oppression, d'une sorte de défaillance qui mouillait son front; se
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trouvait-il au milieu de la foule, la peur le prenait et le jetait dans un e'tat vertigineux extrêmement pénible.
Il lui était impossible de s'approcher d'une fenêtre sans éprouver la crainte d'être entraîné à se précipiter dans le vide. Plus tard, d'autres impulsions se firent jour. Tout à coup et sans cause aucune, la colère du mein^tre grondait en lui, à peine précédée d'une sorte d'aura sous forme d'une consriction à l'épigastre. Il criait aux siens sur un ton farouche : « Sauvez-vous ! ou je vous tue. Je ne suis plus maître de moi. Sauvez-vous, vous dis-je! wEn février i885, il fut atteint d'un accès délirant avec prédominance d'idées de persécution, et nous fûmes amené à demander son internement dans un asile d'aliénés.
Marie H..., cinquante-deux ans, charcutière, très anxieuse et angoissée, au moment où nous la visitons, le 19 mars i885, à l'Infirmerie spéciale, se refuse à nous donner le moindre renseignement sur ses antécédents héréditaires. Elle se borne à répéter, à chacune de nos questions : « Mais je ne suis pas folle, je sais fort bien ce que je dis ou ce que je fais, seulement, je ne sais pas ce qui est en moi de mauvais, toujours est-il que j'ai de mauvaises idées.