ANOMALIES DU SENS GÉNÉSIQUE. IQI
ce qu'il écrit. Son attention a toujours été très difficile à fixer. Dès l'âge de quatre à cinq ans, il s'est livré à des pratiques d'onanisme. Les organes génitaux sont régulièrement conformés et très petits; rien dans le développement du pénis et des testicules n'annonce donc une évolution sexuelle anticipée ou précoce.
Xoici maintenant les faits étranges qui avaient motivé son envoi à l'Infirmerie spéciale. Depuis quelques mois, Pierre R... recherche la femme!! 11 avait préludé par des caresses exagérées et prolongées chaque fois que l'occasion s'était offerte à lui. Dédaignant les fillettes de son âge, il s'adressait aux femmes mûres et de préférence à celles dont la gorge et les hanches étaient très développées. Il avait toutes sortes de roueries pour attirer sa mère sur lui, pour se frôler à elle et sentir ainsi le contact de ses seins. A ce contact, comme à la vue des femmes aux formes rebondies, sa face s'animait, ses yeux brillaient d'un éclat lubrique, étrange sur cette physionomie d'enfant de neuf ans. On le surprit bien des fois, en observation derrière un rideau dont il soulevait le coin : l'air absorbé, il épiait une voisine qui procédait d'ordinaire à sa toilette avec une assez grande liberté d'allures.
A'oulait-on le déranger, il résistait, préten-
dant « qu'il fallait le laisser voir et que ça allait devenir chouette ». Les remontrances, les corrections ne modifièrent aucunement ses tendances.» Cela prit les proportions, nous disait sa mère, d'une sorte de frénésie : il ne pensait qu'à ça, ne parlait que des « beaux nénés », que des (( belles hanches », que des a beaux derrières » des femmes. Lorsqu'il en apercevait une, avec une belle poitrine, il devenait comme fou; il la poursuivait, \\ fallait le tenir. Il criait qu'il en voulait^ qu'il serait heureux de se coucher dessus. Un jour, il se jeta sur une femme de soixante ans, qui eutgrand mal às'en débarrasser.
A l'Infirmerie, on procéda à l'égard de Pierre R..., comme on le fait pour tous les enfants au-dessous de dix ans. On le plaça pendant la durée de l'observation dans le service des femmes. Sa présence ne laissa pas d'y être gênante. Il se fit d'abord très caressant, très doucereux pour les religieuses et les filles de service, àla surveillance desquelles il fut confié. Puis, il ne tarda pas à montrer clairement ce qu'il voulait d'elles. Il cherchait à les embrasser sur la bouche, les mains en avant, cherchant leurs seins; il suppliait l'une des infirmières de venir coucher avec lui, tout en se frottant contre elle, audacieux et entreprenant, s'ingéniant à faire sentir son pénis en érection.