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Le délire chez les dégénérés

L'observation àliermaphrodisme imaginaire que nous relatons plus loin ne nous fait pas sortir du cadre de la folie des dégénérés et des perversions de la sensibilité génitale, mais elle nous fait franchir la limite des simples obsessions et impulsions conscientes

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pour entrer de plain pied dans le domaine de ce délire polymorphe et diffus, dont nous parlions tout à l'heure.

Jeanne P..., âgée de trente-huit ans, femme (divorcée) d'un distillateur, est amenée à l'Infirmerie spéciale le 19 janvier 1888, à la suite d'extravagances multipliées. Au moment de son arrivée elle est loquace, exubérante. Il n'est pas nécessaire de la presser beaucoup pour qu'elle expose ses idées dont l'incohérence est extrême. Elle s'est aperçue, nous ditelle, pour la première fois, il y a huit ans, qu'elle est hermaphrodite. Elle a vu, à cette époque, du sperme sur sa chemise, et c'a été pour elle une révélation. Elle s'est expliqué, alors, la variété des aptitudes qu'elle s'accorde à elle-même. Peu à peu, elle s'est convaincue que tout était double en elle. Ainsi, elle a, tour à tour, et à son gré, une voix d'homme ou une voix de femme. La réunion des deux sexes en sa personne lui vaut des prérogatives sans nombre : elle possède a la fois force et doU' ceur. Elle peut travailler sans se fatiguer; elle a les talents qui demandent l'association de la grâce et de la puissance : elle est musicienne et poète, etc.

Comme nous lui demandions pourquoi elle s'était rendue de sa ville natale, à Paris, où

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