X AU PAYS DE LA FOLIE
pies extrêmement rares, il est pour la plupart d'entre nous la représentation même de l'aliénation mentale.
Car c'est une croyance trop généralement répandue et admise que la folie est caractérisée par une incohérence absolue du langage et des idées, par Tabolition de toutes les facultés d'où procèdent la volonté et la conscience. Erreur formelle, traditionnelle, si j'ose dire, à laquelle seuls peut-être jusqu'ici ont échappé les psychologues et les philosophes qui, concurremment avec les médecins, se sont sentis attirés par l'étude et les manifestations de la plus horrible exclusion que puisse encourir Têtre humain.
Mais si les psychologues et les philosophes ont tenu à apporter une contribution personnelle à cette étude, n"était-i] pas naturel, fatal, que, à son tour, le dramaturge s'empare du sujet et Téclaire, dans la mesure des moyens scéniques^ aux feux de la rampe ?
Pour ma part, avec la collaboration précieuse de mon si cher ami Alfred Binet, appuyé sur l'autorité indiscutable du savant et regretté chef du laboratoire de psychologie à la Sorbonne, j'ai voulu examiner un conflit troublant dont la gravité ne peut échapper à personne.
U Homme mijslérieiix représenté au théâtre Sarah-Bernhardt opposait, dans l'appréciation exclusive et souveraine de la folie, la médecine légale à la jurisprudence. Nous avions choisi une des variétés les plus curieuses de la folie, celle qui a pour caractère essentiel d'être constituée par un délire partiel ; c'est-à-dire que les facultés, lésées sur un