TEMPÉRAMENT
et l'enfant n'a le plus souvent que des caprices, des désirs fugitifs ou passagers. Il passe successivement du plaisir à la peine, de la joie à la douleur. L'intelligence est souvent fort développée mais très impressionnable : le développement ne se fait pas d'une manière régulière et uniforme : l'esprit est inconstant et changeant; il s'occupe de tout, touche à tout, mais d'une façon fugitive; il abandonne bien vite ce qui le retient un moment pour entreprendre autre chose. Chez d^autres, on voit un esprit vif, chatoyant, mais superficiel et sans consistance. II y a en un mot une grande versatilité dans les pensées et dans les actes.
Il n'est donc pas étonnant lorsqu'une maladie quelconque vient à se déclarer, de voir se manifester des phénomènes nerveux insolites, des sympathies anormales et des accidents particuliers qui quelquefois peuvent masquer l'état morbide qui en a été le point de départ. Chez ces individus encore, les névroses de toute espèce se développent beaucoup plus facilement et avec une bien plus grande violence que chez les sujets d'une autre constitution. Les impressions morales profondes, une frayeur, un chagrin... etc., nous Tavons vu, déterminent souvent cet état nerveux de la constitution : elles agissent en amenant une irritation violente instantanée ou persistante, d'une portion plus ou moins considérable du' cerveau ou même quelquefois des maladies secondaires graves de cet organe.
Le tefni)érament lymphatique offre, chez l'enfant des chances tout aussi défavorables r ne voyonsnous pas qu'un grand nombre d'idiots et d'imbé-
CAUSES PHYSIQUES
ciles lui doivent en grande partie le triste état auquel ils sont réduits? Les enfants en effet qui sont doués de ce tempérament sont plus sensibles aux agents extérieurs : ils ont Tair indifférents, éprouvent plutôt des émotions que des sensations. Le caractère est doux, la démarche lente, une disposition prononcée pour la paresse les domine. Ils sont exposés aux engorgements ganglionnaires et à toutes les affections appelées scrofules,écrouelles, rachitisme : mais il faut rappeler ici que ce tempérament est plutôt acquis que naturel et, ainsi que nous allons le voir, il suffit souvent de naître dans tel climat, d'être placé dans telle condition pour devenir lymphatique. Nous n'en voulons pour preuve que l'extinction du crétinisme dans plusieurs contrées où il régnait endémiquement.Cette triste affection a fui devant les progrès de la civilisation.
Ces tempéraments sont tantôt purs, et sans mélanges tantôt associés, et quand cela se rencontre, c'est ordinairement par l'adjonction d'un tempérament acquis. Tel est le cas de ce qu'on a nommé le tempérament nervoso-lymphatique, que l'on rencontre fréquemment dans le jeune âge et dans le sexe féminin.
Climats. — A côté des tempéraments se place naturellement l'influence que dans certains cas peuvent jouer et jouent les climats. Ce fait n^'avait pas échappé à l'observation de Prosper Lucas (i) : « L'influence que les lieux et les climats possèdent
(i) Prosp. Lucas, Traité physiologique et philosophique de l'Hérédité^ 1850, tome II, p. 854.