SEXE
troubles nerveux et intellectuels survenues chez deux petites filles par suite d'onanisme : les détails de cette observation sont relatés d'une manière minutieuse et font ressortir les points culminants de ce cas intéressant (i).
2° Causes physiques dépendant de l'individu.
Sexe. — Dans l'enfance, il y a peu de différence entre le petit garçon et la petite fille : même flexibilité d'organes^ même tournure, même son de voix, même insouciance, mêmes désirs, mêmes jeux. Mais que cette apparente similitude a peu de durée et avec quelle rapidité des changements nouveaux se préparent et s'opèrent ! La jeune fille devient triste, rêveuse, pleure ou rit tour à tour ; le moindre bruit la tourmente ou l'impatiente, toutl'étonne, l'émeut ou pique sa curiosité. De vagues pensées occupent son esprit ; des désirs, des sensations qu'elle ne comprend pas s'emparent de son cœur. Son système nerveux plus excitable, plus facilement impressionnable est, semblerait-il, doué de facultés plus exquises, plus délicates ; mais, qu'on ne s'y trompe pas, cet état fonctionnel est plutôt un indice de faiblesse que de force. La plupart du temps les facultés intellectuelles mises enjeu, bien qu'elles puissent être aussi développées et aussi perfectionnées que chez l'homme, n'en sont pas moins affectées d'une débilité plus grande, d'une excitabilité plus facile et d'un épuisement plus prompt. Chez elle la sensibilité est délicate,
(ij L'Encéphale, Journal des maladies mentales et nerveuses^ année 1882, pages 88 et 260. J.-B. Baillière, édit. Paris.
CAUSES PHYSiaUFS
exquise ; mise en jeu avec une facilité extrême elle s'exalte ou se déprime avec une grande rapidité. «Par leur nature même, les femmes doivent préférer les travaux qui demandent non de la force musculaire mais une adresse délicate. Elles doivent s'exercer sur de petits objets, dit Cabanis (i), leur esprit acquerra plus de finesse et de pénétration que d'étendue et de profondeur. Menant une vie sédentaire vous voyez en quelque sorte se développer en elles un nouveau système physique et moral. Elles sentent leur faiblesse ; de là leur dissimulation, le^rrs petits manèges, leurs . manières, leurs grâces, leurs coquetteries, en un mot tout ce qui dans l'état social actuel doit être regardé comme la réunion ou le résultat de leurs bonnes et de leurs mauvaises qualités. »Delà aussi la prédominance des formes mentales tristes. Aussi chez elles la plupart des maladies d'espèce et de nature différentes qui peuvent se développer, se compliquent le plus facilement d'accidents nerveux soit du mouvement soit de la sensibilité, soit même de l'intelligence.
« Les petits garçons, au contraire, trouvent dans leurs instinct une pente originelle et caractéristique. Ils doivent en conséquence contracter des moeurs et des habitudes absolument opposées. Pleins du sentiment de leur force naissante et du besoin de l'exercer, le repos leur est désagréable et pénible ; il leur faut des mouvements vifs et ils s'y livrent avec impétuosité. Ainsi donc, sans entrer
(i) Cabanis, Rapp. du phys. et du moral, p. 224, édition, L. Peisse.