‹ La folie chez les enfantsChapitre 19 sur 64 · PELLAGRE I · texte numérisé non relu

PELLAGRE I

des mouvements respiratoires avec pâleur de la face, lividité des lèvres et fixité des yeux largement ouverts. Ces accès assez légers pour passer inaperçus durent quelques secondes et ne laissent aucune trace durable. Tantôt il n'y a qu'un seul accès, tantôt les accès se succèdent avec rapidité, ne laissant entre eux que de courts intervalles de calme. L'intelligence peut reparaître dès que les convulsions ont cessé, mais lorsqu'il y a eu plusieurs accès successifs, et surtout s'ils ont présenté une certaine intensité, les enfants demeurent assoupis, affaissés, dans un état de torpeur et de somnolence extrême. Plus tard ils peuvent rester idiots, paralysés d'un membre ou privés d'un ou plusieurs sens.

Les convulsions peuvent être mortelles après un seul accès d'une grande intensité, mais elles ne le sont d'habitude qu'après une série de paroxysmes fréquemment répétés.

La mort peut être due à l'asphyxie, à une syncope, à une congestion cérébrale et enfin à la suspension de l'innervation.

Pellagre. — Bien que la Pellagre soit une maladie qu'on rencontre plus particulièrement dans certaines contrées de l'Italie, au Milanais et au Piémont notamment, on l'observe aussi parfois en France dans le département des Landes et dans quelques cantons des Pyrénées (i) ; à ce titre elle mérite de nous arrêter quelques instants.

(i) Voy. Théophile Roussel, de la pellagre et des pseiidopellagr es, Varis, 1866, — Henri Gintrac, nouveau Dictioufiaire de médecine el de chirurgie pratiques, art. Pellagre.

CAUSES PHYSiaUES

La Pellagre commence toujours par une inflammation chronique exanthématique ou squameuse qui se reproduit et s'aggrave à chaque printemps, qui est bornée aux parties exposées aux rayons solaires. A un degré plus avancé, l'abattement des forces est remplacé par une débilité qui se montre surtout du côté des membres inférieurs et arrive à l'état qu'on a nommé Paralysie pellagreiise.

Les vertiges s^accompagnent assez souvent de chutes offrant dans certains cas des apparences épileptiformes ; à des troubles sensoriaux mêlés de stupeur et de tristesse, succèdent de véritables désordres cérébraux : la folie pellagreuse paraît avec ses formes et ses accidents propres. Quelquefois, elle se présente sous la forme d'accès de manie très intense et remarquable par la violence et la nature dangereuse des impulsions : plus souvent sous la forme de délire mélancolique général avec prédominance d'idées religieuses ou d^'hallucinations, ou de délire partiel de nature triste. Le délire mélancolique peut être porté jusqu'à l'hébétude et la stupeur la plus profonde. Quant au délire partiel de nature triste, il est constitué à la fois par des idées mélancoliques et des idées hypochondriaques. Les idées de suicide constituent le phénomène le plus saillant de ces deux dernières formes. Bien plus, on a noté que la plupart des suicides chez les pellagreux avait lieu par submersion et on a voulu faire de ce genre de mort, sous le nom à' Hydromanie, un trait caractéristique de la folie pellagreuse. Il y a Là, saas contredit, une exagération : si les pellagremx qui ont des idées de suicide se noient pour la plupart, ce n'est pas en

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