ARTHRITISME
Le rhumatisme cérébral proprement dit est néanmoins fort rare dans l'enfance. Picot, de Genève dans sa thèse (i) a pu en réunir 13 observations, dont la plupart appartiennent aux formes délirantes et méningitiques (2).
« Dans quelques cas, continue Picot, la complication se manifeste par un simple délire ; dans d'autres cas plus graves, le délire est suivi d'un état comateux qui précède en général la mort. La température du corps est souvent alors excessive : chez un petit garçon de 10 ans, observé en 1872 à l'hôpital des enfants elle atteignit-}- 41°, 2. Dans quelques cas l'autopsie ne révèle aucune altération appréciable des centres nerveux, d'autres lois au contraire, on constate les lésions de la méningite aiguë.
Mais il importe de rappeler ici que le plus souvent, pour ne pas dire toujours, pour que le délire se produise dans le cours d''un rhumatisme aigu, il est de toute nécessité qu'il y ait des antécédents personnels du côté de la tête ou qu'il y ait héréditairement dans leur famille des névroses graves. Il y a donc chez eux une prédisposition héréditaire
(1) Picot (de Genève). Du rhumattstne aigu et de ses diverses manifestations che^ les enfayits, thèse de Paris, 1872.
(2) Ces observations sont empruntées aux auteurs suivants ; Henri Roger, recherches cliniques sur la chorèc, le rhumatisme et les mal. du cœur che\ les enfants. (Arch. génér. de Medec, 1866) — Picot, Tlièse de Paris, 1872 — Scudamore on Rhenmatisin. London 1827 — Immaiii Edinhurgh med. aud sur g. Journal, 1843 — Bouillaud, Progrès médical 1860 — Ardoin, Thèse de Strasbourg, 1861 — • Baker-Brown, Lancet, 1862 — Trousseau, Clin. Méd.de l'Hôtel-Dieu, 70 édition 1885. Fuller on Rheumatism, London, 1870. Hallez, thèse de Paris, 1870...
CAUSES PHYSIQ.UES
OU acquise, en vertu de laquelle certaines personnes sont prises d'accidents cérébraux ou d'affections diverses et spécialement de rhumatisme cérébral quand elles sont atteintes de rhumatisme articulaire.
Chlorose. — « N'est-ce pas quelque chose de bien digne de la méditation des physiologistes et des praticiens, dit Trousseau (i), que cet antagonisme perpétuel entre le sang et les nerfs, entre la prédominance de la force d'assimilation et la prédominance des phénomènes nerveux, antagonisme d'où il résulte que plus le système sanguin, plus la force plastique ont de développement et d'activité, plus le système nerveux et les actes qui en émanent sont fixes, silencieux, réguliers, coordonnés; que réciproquement plus le système nutritif et les phénomènes végétatifs sont -pauvres et languissants, plus la quantité de sang est diminuée, plus ce liquide est dépouillé de ses parties organisables, plus aussi les phénomènes nerveux sont mobiles, exaltés et irréguliers. »
Or, parmi les altérations du sang qui amènent des troubles de la sensibilité, il faut citer en première ligne la chlorose et l'anémie. Tout le monde connaît l'influence que ces deux états morbides exercent sur le développement des afl'ections nerveuses en général : sans vouloir discuter ici ce point important de pratique, rappelons que Thystérie, l'épilepsie, la chorée, certaines paralysies musculaires, l'asthme nerveux, l'hypocondrie, la
(i) Trousseau. Matière médicale, t. I p. 58.