‹ La folie chez les enfantsChapitre 23 sur 64 · CHLOROSE · texte numérisé non relu

CHLOROSE

mélancolie, plusieurs formes d'aliénation mentale, reconnaissent souvent, pour point de départ, un appauvrissement des globules du sang et s'amendent d'une manière merveilleuse sous l'influence d'un traitement tonique et ferrugineux. Il en est de même des troubles de la sensibilité générale, vertiges, tintements d'oreille, anesthésie, analgésie, hallucinations, soit qu'ils existent seuls, soit qu'ils ne constituent qu'un épiphénomène d'une névrose plus importante qui joue alors le rôle de cause secondaire.

Il n'y a donc rien d'étonnant si les exemples d'aliénation dus à la chlorose sont assez fréquents : c'est là, d'ailleurs un fait connu dès la plus haute antiquité si nous nous en rapportons à l'aphorisme d'Hippocrate : « Sangiiis ad insaniam facit quum sit nimis dissolutus. »

Quelquefois même, ces troubles peuvent être portés à un tel degré, qu'ils arrivent à une véritable manie. Sandras est tellement convaincu du rôle important du sang,qu'il.n'hésite pas à dire, que toutes les formes d'aliénation mentale peuvent avoir leur origine dans la chlorose et ranémie:«On est étouné, dit-il, de la quantité de malades névropathiques qui ont emprunté cette disposition à l'anémie et à la chlorose. » Legrand du Saulle (i), confirmant cette opinion dit « on sait combien les chlorotiques sont sujettes à des goûts bizarres et combien il arrive fréquemment que ces malades cèdent à des appétits extravagants.

(i) Legrand du Saulle, Folie devant les tribunaux. Paris 1864, p. 320.

CAUSES PHYSIQUES

Nous venons de lire à ce sujet l'observation d'une jeune fille de 14 ans qui cherchait avec avidité toutes les occasions de boire du sang humain. « Elle aimait à sucer celui qui s''écoulait des plaies récentes ! »

Comme conséquence immédiate et fatale de la chlorose il faut noter la Sensibilité exagérée que présentent les sujets en puissance de cette affection.Chez des enfants peu robustes,la sensibilité est hors de proportion avec les forces. Leur système nerveux reçoit sans cesse un ébranlement qui n'est plus en rapport avec l'état général et les entretient constamment dans une sorte de tension exagérée de l'intelligence, des passions, qui donne lieu à ces états nerveux violents qu'on ne peut expliquer . autrement. Chez de pareils sujets, combien ne sont pas à redouter les complications nerveuses survenant dans le cours des affections aiguës auxquelles l'enfance paie trop souvent un lourd tribut!

Affections aiguës. — Il n'est pas rare d'observer des manifestations délirantes dans le cours des maladies aiguës du jeune âge.

Directe ou sympathique l'irritation cérébrale n'en existe pas moins. Les fièvres éruptives, les affections des voies aériennes et celles des organes digestifs (i), déterminent trop souvent une réac-

(I) Cette influence des organes digestifs souffrants sur l'encéphale, semble s'exercer plus souvent pendant la période du jeune âge. Cette influence spéciale a même servi de titre et de texte à l'ouvrage du D' Sablairoles : — Recherches relatives à la prédominance et à l'iujliience des organes digestifs des enfants sur le cerveau. Montpellier, 1827, in-S".

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