‹ La folie chez les enfantsChapitre 24 sur 64 · MÉNINGITE · texte numérisé non relu

MÉNINGITE

tion morbide sérieuse de la part des centres nerveux.

Avec le talent d'exposition et de profonde observation qui distingue ses écrits, notre savant confrère le Christian, a étudié la folie consécutive aux maladies aiguës. Il faudrait pouvoir retracer ces pages en entier pour montrer toute la portée qui s'attache à cette question (i).

Méningite. — Ici rien d'étonnant : il y a irritation directe de la substance cérébrale : ainsi que le dit Broussais, si l'affecfon est légère, le délire sera un délire aigu, bruyant, mais si au contraire les lésions sont profondes, si elles intéressent structure même du cerveau, elles provoquent des accidents qui indiquent non plus la perversion mais bien la suppression des fonctions cérébrales, c'est-à-dire, la stupeur, le coma, la paralysie. Les exemples de ces faits sont nombreux et connus de tous, nous n'avons donc qu'à les signaler : comme exemple on peut citer le cas de Delasiauve, d'une petite fille de 6 ans qu'il soigna pour une méningite très grave. Avant cette affection elle était douée d'une grande vivacité intellectuelle.

Depuis, son caractère s'assombrit ; elle resta sujette à des appétits bizarres et à des fantaisies hystériques.

Hydrocéphalie aiguë. — L'hydrocéphalie aiguë peut se compliquer de phénomènes délirants qu'on retrouve dans tous les symptômes cérébraux qui

(i) Annales médico-psychologiques^ 1878, p. 269. P. MoRHAU de Tours. Folie. o

,^0 CAUSES PHYSIdUES

appartiennent aux phlegmasies de l'encéphale : alors qu'au début on ne voit que de l'affaiblissement des sens, de l'indifférence, l'oubli des mots, une somnolence habituelle, une catalepsie momentanée, des vertiges, une vive céphalalgie, bientôt apparaissent des convulsions et du délire. Mitivié en cite plusieurs cas dans sa thèse inaugurale (i).

Fièvre éphémère. — Lorsque le délire se produit, (le mot délire étant pris dans son acception ia plus large) c'est chez des sujets éminemment nerveux, au début ou dans le cours d'une maladie qui n'affecte pas directement le cerveau.

Thore (2) rapporte une curieuse observation d'une petite fille de 5 ans qui fut prise d'hallucinations au cours d'une fièvre éphémère qui n'avait rien de remarquable.

« Un matin cette enfant se réveUla en poussant des cTïs horribles. Elle montrait avec anxiété un coin de la chambre où elle voyait de grandes fio-ures noires, un diaible qui la menaçait du geste et'' de la voix ; ses yeux parfaitement ouverts ne pouvaient se détacher du point indiqué : elle n'apercevait rien de ce qui passait autour d'elle. Les hallucinations durèrent près de 8 à 10 minutes. Elle fut fort paisible pendant toute la journée et le soir vers 5 heures après un courf sommeil elle se réveilla encore brusquement en poussant des cris.

(1) Mitivié, Olser-oations etréflexions pour servira l'histoire de l'hydrocèph.ilie aiguë chei les enfants, Paris, 1820.

(2) Thore, Annales nuédico-psj'chologiqnes, 1849.

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