‹ La folie chez les enfantsChapitre 25 sur 64 · SCARLATINE I^I · texte numérisé non relu

SCARLATINE I^I

Elle eut une autre hallucination de la vue : c'étaient de grandes nappes d'eau qui tombaient du plafond et des figures noires qui la menaçaient. Elles durèrent le même temps que le matin. Le lendemain elle était fort bien et il ne restait aucune trace de sa fièvre et de ses hallucinations.

Deux mois après, cette même petite fille avait une bronchite accompagnée d'un peu de fièvre, lorsqu'au milieu du jour et après son sommeil, elle eut de nouvelles visions. Elle croyait voir son parrain qui parlait et lui répondait : puis une grande bouche qui menaçait de l'avaler ainsi que d'autres figures noires dont elle ne pouvait faire la description. Tout cela dura encore pendant lo minutes environ, et se dissipa pour ne plus reparaître. Pendant tout ce temps, sa physionomie exprimait le plus grand effroi, ses traits étaiënt décomposés, sa face pâle, la syncope imminente, tout indiquait une véritable terreur.

Cette petite fille est d'une constitution très nerveuse, mais il n'y a point d'aliénés dans sa famille.

Scarlatine. — Indépendamment du délire qui peut se produire au cours de cette fièvre éruptive, délire caractérisé par des hallucinations et une sorte de mélancolie anxieuse, un certain nombre d'auteurs ont signalé et rapporté des cas de troubles psychiques survenus à la suite de la scarlatine.

Thore a observé à l'hospice des enfants trouvés, un garçon de 4 ans et demi qui dans le courant

CAUSES PHYSiaUES

d'une scarlatine assez grave a eu des hallucinations de la vue et de l'ouïe. Il entendait un bruit de cloches, des voix qui rappelaient : cet état dura assez longtemps et l'enfant guérit.

En 1882, le D' Robushe (1) citait un cas des plus intéressants :

Uii tout jeune homme, après une violente atteinte de scarlatine avec déUre présenta des hallucinations des sens. Il ne pouvait rester au lit, se promenait de long en large et sans cesse, dans sa chambre, arrachant ses vêtements et ses couvertures Cet état dura une semaine environ puis, sous 1 mfluence du chloral et de la morphine, l'amélioration se produisit. 11 se dérida à rester au lit, et à prendre quelques aliments. La desquamation s'établit franchement pendant ce temps et s accompagna de névralgies violentes des extrémités inférieures. Enfin au bout de deux semaines de maladie psychique laguensonfut complète.

Le Dr Wick (2) rapporte l'observation suivante :

« Au mois de décembre je donnais mes .oins à un très jeune homme, atteint d'une scarlatine grave qui présentait des symptômes typiques : rash et éruption bien développée, angine sévère. A peine la fièvre venait-elle de cesser, et au monient ou l'on pouvait espérer une convalescence rapide, le malade présenta des troubles du sensorium commune: délire avec hallucinations, agitation, insomnie, délire de paroles. Tantôt il s imaginait être exposé aux poursuites d'un homme porteur dune arme à feu : il voulait sortir de son lit et se r^l^S^^; ^"l chambre voisine, se cacher sous son lit, au chevet duquel il n'admettait pour le veiller et le protéger, que son pere

A ce stade de la maladie, la température était -venue a a normale et l'appétit était satisfaisant. Il resta dans ces conditic^;: pendant'près d'une semaine. Grâce à de fortes doses de chloral, on put réussir à le calmer et à le plonger dans un

(t) Mcdical News, 1882.

(-) Cincinnati Lancet and Clinic, mars 1883.

Page 1