‹ La folie chez les enfantsChapitre 26 sur 64 · SCARLATINE · texte numérisé non relu

SCARLATINE

sommeil d'où il ressortit guéri après environ deux mois de maladie en tout. La desquamation se fit régulièrement vers cette époque.

En dehors de ces cas aigus, on peut observer des cas de démence attribuables à la méningite scarlatineuse, le malade passant sans secousse de l'hyperpyrexie de la scarlatine à l'hyperpyrexie de la méningite, à l'issue de laquelle on constate l'état dans lequel la maladie l'a laissé, une fois son évolution faite.

On a vu des enfants, après une grave atteinte, conserver jusqu'à un âge avancé des naïvetés juvéniles peu en rapport avec la maturité naturelle de leur âge (i).

Néanmoins si les troubles psychiques sont relativement assez rares, il n''en est pas de même des troubles nerveux. Les convulsions fréquentes dont se compliquent les maladies exanthématiques, érysipèle, rougeole, variole, scarlatine, prennent souvent le caractère grave du mal caduc.

A cet égard, les observations de Delasiauve et de Moreau de Tours, ne laissent aucun doute :

V... 8 ans, bien portant jusqu'à l'âge de 5 ans. Facultés intellectuelles précoces : à 5 ans et demi rougeole dont l'éruption se supprime brusquement : faiblesse dans les jambes. L'enfant est habituellement assoupi. Il n'est plus gai, alerte comme auparavant. Puis sur une simple observation à lui adressée, la première attaque d'épilepsie se montre.

F... a eu la rougeole et la petite vérole ; elle se remet péniblement : l'intelligence, très éveillée jusqu'à cette époque, resta obtuse. L'enfant n'avait plus la même facilité pour apprendre. Le caractère s'était profondément modifié : de douce elle était devenue acariâtre, méchante même. Peu de temps

(i) Kirman, yc);»-;((T/ of iiervous and mental Diseases, 18S4.

CAUSES PHYSIQUES

après, la puberté se montre (13 ans). C'est alors que l'épilepsie parut sa s cause appréciable. Les accès sont toujours précédés d'engourdissement et de contracture passagère de la main gauche. Le bras, l'épaule, puis la tête sont successivement affectés. Les idées se troublent, elle est le jouet d'une hallucination extrêmement bizarre. F. s'imagine voir sa main paralysée se détacher de son bras et la main restée saine s'allonger indéfiniment pour la saisir.

V... à 13 ans étant convalescente de la petite vérole, perdit subitement l'usage du bras droit. Les mouvements ne se rétablirent qu'environ 18 mois après. Elle se plaignait alors d'un poids sur l'estomac ; ses bras se raidissent puis viennent des secousses électriques dans tout le corps, mais sans perdre connaissance. Peu après elle fut prise de véritables accès d'épilepsie.

Despine (i) signale une observation de somnambulisme chez un enfant de 12 ans, au début d'une variole et qui a déterminé des phénomènes insolites dont il est bon d'être prévenu.

« Un enfant de 13 ans, d'une constitution nerveuse fut pris de frissons puis d'une fièvre intense, de vives douleurs de tête avec vomissements opiniâtres. Après être resté 24 heures dans cet état, il prononça quelques paroles incohérentes puis il se tut et ne répondit plus aux questions qu'on lui fit : on nous appela pour lui donner des soins. Il avait une chaleur âcre, le pouls très accéléré mais régulier. La peau était insensible au pincement, son regard était vague et les pupilles restaient dilatées. Nous attribuons ces symptômes à une méningo-encéphalite à marche très rapide. Cet état qui ressemblait au coma de la période d'épanchement, en différait néanmoins ; il se passa même un fait qui, dans l'état où nous supposions le malade, était incompréhensible à nos yeux. Sa mère étant à son côté, il se lève à demi sur son séant, il passe ses bras autour du cou de celle-ci et l'embrasse. Nous ordonnâmes une application de sangsues derrière les oreilles ; nous fîmes pro-

(I) P. Despine. Etude scientifique sur le soiiniambu/isme, Paris i88q, Savy, édit.

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