‹ La folie chez les enfantsChapitre 28 sur 64 · DÉLIRE DE CERTAINES MALADIES · texte numérisé non relu

DÉLIRE DE CERTAINES MALADIES

Elles ont en général duré peu de temps, cependant elles ont persisté pendant plusieurs jours chez le jeune garçon qui voulait absolument avoir la jambe coupée et qui réclamait sans cesse un membre artificiel. x\ucun traitement spécial n'a été nécessaire.

Mon père a donné des soins à un enfant de 12 ans qui fut pris d'une fièvre typhoïde.

Au début de sa convalescence, inopinément, il se mit à traiter son père d'insurgé, de voleur. Une discussion qu'il eut en ce moment à la suite d'une observation, le mit tellement en fureur qu'il se précipita sur lui un couteau à la main. Quelques temps après, alors qu'il commençait à reprendre ses forces, il se mit à cracher sur tout ce qui l'environnait, croyant ainsi faire fiiir les revenants qu'il voyait autour de lui. Jusqu'à 14 ans, il continua à voir des revenants et à les repousser de la manière précitée. En même temps il était sujet à des colères terribles dans lesquelles il cassait et brisait tout... L'état mental loin de s'amender n'ayant fait qu'augmenter, le jeune malade dut être placé dans une maison de santé.

Enfin la fièvre typhoïde a aussi été la cause et le point de départ d'accès épileptiques.

X... 16 ans ; bien portant jusqu'à 9 ans. A cette époque fièvre typhoïde sans délire. Après la fièvre, à la convalescence, premiers accidents nerveux, d'abord ne présentant aucun caractère déterminé, plus tard de nature franchement épileptique ; affaiblissement graduel des facultés morales (i).

Délire q.u'on observe dans la convalescence de CERTAINES MALADIES. — Nous veuons de voir par les observations qui précèdent, que c'est surtout dans la convalescence de la fièvre typhoïde que le délire éclate. Dé même en est-il des autres fièvres éruptives.

(i) Moreau de Tours. Etiologie de PEpilepsic.

1^0 CAUSES PHYSIQUES

Il est important pour le praticien d'être fixé sur ces accidents cérébraux aigiis qui surviennent brusquement alors que le malade est pour ainsi dire guéri.

Tous les auteurs en ont cité des exemples : résumons brièvement les caractères de ces délires : Dans la convalescence de la fièvre typhoïde, nous venons de le voir, les phénomènes cérébraux offrent le plus communément un singulier mélange de torpeur et d'agitation hallucinatoire, qui permet à juste titre de les ranger parmi les aliénations demistupides' de Delasiauve. La manie aiguë peut être observée, mais plus rarement.

A la suite des autres maladies, le délire se présente avec des caractères à peu près constants. Le plus souvent, dit Thore, il n'y a qu'un accès de délire dont la durée varie de 15 à 20 heures jusqu'à 3 et 4 jours. Il est violent, accompagné d'une grande agitation, d'hallucinations de la vue et de l'ouïe. Il débute au moment même où la convalescence commence. Il cède en général à un traitement fort simple ou plutôt se dissipe de luimême (i

Hermann Weber remarque aussi que le délire revêt habituellement la forme maniaque avec hallucinations des sens et prédominance d'idées de frayeur. Dans les observations citées par cet auteur, le délire a éclaté en général le matin ; sa durée a été courte, variable de quelques heures à deux jours.

(i) Thore. De la folie consécutive aux maladies aiguës.— Annales Médico-psychologiques, 1850.)

Page 1