‹ La folie chez les enfantsChapitre 30 sur 64 · MALADIES DU CUIR CHEVELU · texte numérisé non relu

MALADIES DU CUIR CHEVELU

persor.ne, ne demande ni à boire ni à manger, ni à se lever lorsqu'elle est coucliée, ni à se coucher lorsquelle est levée. Elle reste impassible comme les idiots, rien ne peut l'émouvoir ; c'est en vain qu'on la secoue, qu'on la menace même de la frapper, elle ne bouge pas, elle ne pleure pas* Huit jours se passèrent de la sorte, puis elle commençaà appeler son père, à le caresser parfois, mais elle ne lui parlait pas encore. Enfin, quelques jours plus tard, elle se reprit à pailer, à demander à manger, puis à rire lorsqu'on la flattait, à pleurer lorsqu'on la contrariait ; elle ne fait plus sous elle, commence à s'amuser avec les enfants de son âge, caresse son père, mais pas sa mère.

Il est à noter qu'elle a toujours préféré son père à sa mère : elle embrasse son petit frère ; la mémoire revient un peu, mais l'intelligence est toujours obtuse.

J'avais entièrement perdu de vue cette petite fille depuis fort longtemps, lorsqu'il y a quelques jours, je fis la rencontre du père qui m'en a donné des nouvelles.

L'inielligence, à ce qu'il paraît, n'est pas encore revenue entièrement à son type régulier, quoiqu'il se soit, depuis lors, écoulé plus d'une année.

Cependant elle va bien et son père espère qu'elle finira par recouvrer toutes ses facultés intellectuelles. Elle comprend tout, elle dit tout, seulement il lui arrive souvent de ne prononcer que la première syllabe des mo-ts, et lorsqu'on insiste pour lui faire prononcer le mot en entier, elle s'y refuse et répond qu'elle ne le veut pas. Elle est revenue à son amabilité première, mais elle n'est pas encore aussi propre qu'elle était avant de tomber malade...

iMaladies du cuir chevelu. — Les maladies du cuir chevelu ont parfois aussi un retentissement considérable sur les facultés intellectuelles. L'exemple que donne Moral est caractéristique à cet égard (i).

Une enfent de ii ans, après la répercussion d'une maladie du cuir chevelu éprouva des accidents choréiques et bientôt

(i) B.-A. Morel Mal. mentales, Paris, p. ici.

CAUSES PHYSIQ.UES

après donna le spectacle d'une véritable fureur maniaque ; Elle essaya de tuer sa mère et faillit noyer une de ses sœurs en la précipitant dans un marais fangeux. Il est difficile de se faire une idée de la tendance destructive de ce petit être à moitié rachitique et qui puisait dans une exaltation nerveuse une force incroyable. Cette jeune fille guérit néanmoins. Une fièvre périodique en rapport avec des phénomènes de croissance subite, amena des résultats plus heureux que les moyens que nous avions employés précédemment ».

Erysipèle. — L'érysipèle peut aussi amener des crises nerveuses d'une certaine gravité.

Mon père a eu à soigner un enfant de 7 ans qui, atteint d'un érysipèle de laface et du cuir chevelu fut affecté de crises nerveuses d'une violence extrême, avec perte de connaissance. Ces crises s'amendèrent vers le déclin de la maladie pour disparaître définitivement après le rétablissement complet de l'enfant. Le caractère avait également été modifié. G... était devenu méchant, hargneux, insupportable: il ne voulait plus rien faire, il ne voulait que jouer, et encore à sa guise, c'est-à-dire, en cherchant à détruire ses jouets. La moindre observation le mettait en fureur. Cet état intellectuel fut un peu plus long à céder : aujourd'hui il ne reste aucune trace de ce délire, G. : est redevenu doux, atïectueux, travailleur.

Affections des organes abdominaux. — Il semble presque puéril de signaler l'influence des viscères sur le moral. C'est là une observation banale et de tous les instants. Mais par cela même que ces phénomènes sont communs, il arrive souvent qu'en présence de troubles cérébraux insolites, l'attention se trouve égarée dans la recherche des causes et que l'on ne pense pas à s'enquérir de la relation qu'il peut y avoir entre ces troubles et l'état des appareils digestif, respiratoire, circulatoire. Dans

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