AFFECTIONS DES ORGANES ABDOMINAUX
une de ses magnifiques leçons (i),Guislain étudiant ces phénomènes, disait :
« Qui n'admet les rapports entre le tube intestinal et les actes cérébraux ? l'influence d''un estomac exalté dans sa sensibilité par le jeûne, par une inflammation, par une aff'ection morbide quelconque ?
Il y a des personnes qui se plaignent d'avoir à certaines heures de la journée, par exemple après le dîner, ce qu'elles nomment de singulières idées. Elles ont des pensées qu'elles ne voudraient pas avoir ; elles voient tout avec indifférence, elles se chagrinent parce qu'elles n'ont pas d'émotions, elles éprouvent une fausse honte, elles s'expriment avec timidité, leur parole est voilée. Il suffit de quelques heures pour que cet état d'hypochondrie disparaisse.
Qui oserait nier l'influence des irritations inflammatoires des intestins sur le cerveau ? qui ignore combien une constipation peut agir sur le caractère moral ? je me souviens d'une personne qui chaque fois qu'elle était constipée avait des hallucinations visuelles et auditives.
11 n'est pas jusqu'aux troubles mécaniques, jusqu'à la descente herniaire, jusqu'à la compression d'un bandage, d'un corset, d'une ceinture qui ne déterminent chez quelques personnes une modification dans la sensibilité phrénique, un état d'anxiété tout à fait spécial.
Et dans les névroses des viscères abdominaux ne
(i) Guislain. Leçons orales sur les phrènopaties, XX' Leçon, J. B. Baillière et fils, 1852,
• CAUSES PHYSiaUES
rencontre-t-on pas les anomalies morales les plus singulières ? il y a des hommes souffrant d'anorexie, de cardialgie, de malaise abdominal qui de temps en temps sont tristes, irascibles... »
Nous avons connu un enfant qui ne pouvait mettre dans sa bouche une petite cuillerée de sorbet glacé sans ressentir immédiatement une forte commotion à la partie antérieure du crâne un peu au-dessus du front. « C'est, disait-il, comme si l'on me donnait un coup de poing sur la tête. >> Bien qu'il aimât beaucoup ces douceurs, il préférait y renoncer plutôt que de s'exposer à cet inconvénient. Dans ses premières années, vers l'âge de . ans, il était sujet à des accès de coma sans fièvre, sans trouble d'aucune autre sorte. Il s endormait à une époque variable de la journée, puis restait endormi pendant 4 ou 5 heures sans que rien ne pût l'en tirer.
Indigestion. - Les aliments pris en trop grande quantité et avalés gloutonnement ont été parfois la cause d'accidents nerveux graves, et l'on a pu de la sorte constater des troubles dans le fonctionnement de la parole, des pertes de la mémoire du délire même, des hémiplégies... etc. Il est donc bon d'être en garde contre les accidents cérébraux qui peuvent reconnaître simplement pour cause une mauvaise digestion.
Tout récemment, la Revue des sciences médicales (1874) rapportait des observations de ce genre :
Une fillette de 3 ans, ayant subitement perdu la parole ne pouvait proférer d'autre son que ^^^^^^J^Z la pinçait. Deux ^e-s P^. ^^^^^^ ^::ltments alimentaires revenue immédiatement après ues contenant des cerises presqu'entières.
Un petit garçon, après un dîner indigeste est P^- ^^^^^ coliques et de diarrhée fétide. Le matin, sopor subit avec tZ violente et aphasie. Dans le cours de l'apres-mid., la