‹ La folie chez les enfantsChapitre 32 sur 64 · INDIGESTION · texte numérisé non relu

INDIGESTION

connaissance revient lentement et dès le lendemain il ne restait plus rien de cet état.

Dans un autre cas, une fillette de 9 ans se réveille après une bonne nuit, sans se sentir mal à l'aise. Mais au bout d'une heure elle se plaint de chaleur à la tête et est sujette â des alternatives de rougeur et de pâleur. Puis subitement elle se met à marcher sans trêve, comme si elle cherchait quelque chose. Perte de la parole : aucune convulsion. Au bout d'une demi-heure, vomissements d'aliments de la veille non digérés. Immédiatement la fillette retrouve l'intégrité de la parole.

Elle n'a pas conservé le souvenir de ce qui s'était passé pendant la phase aphasique.

Frenkel a observé de son côté une hémiplégie due à une indigestion.

Une fille de 4 ans, au milieu d'un repas, est prise de vomissements et perte de la connaissance. Le médecin, malgré l'affirmation de la mère que l'enfant n'avait bu que très peu de vin, croit à des accidents alcooliques. Au bout d'une demiheure, la connaissance étant revenue, on reconnaît que les deux membres droits présentaient une paralysie complète de la motilité et de la sensibilité. La sensibilité reparut progressivement; et aprèsycelle delà motilité. Le lendemain, santé parfaite.

Dans les Mémoires de P Académie des sciences (i), nous trouvons un fait bien plus grave et par ses conséquences et par sa durée.

Un jeune homme de condition, âgé de 9 ans, qui se portait parfaitement bien, qui avait beaucoup d'esprit et déjà beaucoup de savoir pour son âge, un jour après avoir un peu plus diné qu'à son ordinaire, fut attaqué subitement d'un violent mal de tête, ensuite eut un grand vomissement, une grosse fièvre et perdit connaissance. On lui donne de l'émétique avec succès et trois ou quatre jours après, il ne parla point du tout et étant guéri, quand il avait envie de parler, les mots lui

(i) Anno 1711.

CAUSES PHYSIQUES

manquaient absolument et il n'en pouvait trouver aucun. Il ne reconnaissait même ni le lieu où il se trouvait ni les personnes avec lesquelles il avait toujours vécu. Enfin, il avait entièrement perdu les idées qu'il avait pu acquérir pendant neuf ans. On commença à lui apprendresa langue et on remarqua qu'il apprenait très vite, car,ce qui est surprenant, le jugement était demeuré fort sain, malgré la destruction entière de sa mémoire.

Ainsi qu'on vient de ]e voir par cette observation les faits cités parla Revue des sciences médicales^ ne sont pas nouveaux : l'observation que nous venons de rapporter est de tout point semblable ; mais à l'aphasie s'ajouta une perte totale de la mémoire, analogue à celle que l'on trouve dans la fièvre typhoïde. L'enfant ayant perdu toute mémoire, et obligé de rapprendre ce qu'il avait su, apprit vite. Mais il faut noter ici la durée plus longue des suites que ce que nous avons vu dans les autres observations, la période aiguë de la maladie étant restée la même, soit trois ou quatre jours.

Les troubles intellectuels ne sont pas seuls la conséquence de mauvaises digestions : l'épilepsie . est résultée parfois de certaines substances de nature indigeste prises en trop grande abondance (i).

Portai mentionne plusieurs sujets devenus épileptiques pour avoir avalé gloutonnement des haricots, des noyaux de cerises, de prunes, de pèches... etc.

Un malade de Dolieus succomba à des accès déterminés par de la compote de choux.

Deux enfants cités par Schenckius, et un autre par Heldesheim, durent leurs crises à une indi-

(\) Delasiauve, Traité de Pépilepsie.V axis 1854, Massou.

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