‹ La folie chez les enfantsChapitre 33 sur 64 · INDIGESTION · texte numérisé non relu

INDIGESTION

gestion, l'un de poireaux, l'autre de fruits et de lait.

Delasiauve indique encore parmi les aliments, le lait qui, d'après une opinion accréditée, est susceptible de devenir un germe d'épilepsie dans l'enfance. En effet, il n'est pas toujours, approprié au tempérament des nourrissons. Trop ténu ou trop riche en aliments nutritifs il peut les indisposer et provoquer même chez eux des affections graves : à plus forte raison si, par suite de maladies de grossesse, d'accès de colère, d'excès vénériens ou de toute autre circonstance, il a subi une altération plus ou moins profonde. Dans ce cas l'enfant est exposé à dépérir ; il éprouve des dérangements intestinaux et fréquemment des convulsions.

L'affection d'un de nos jeunes épileptiques, dit Delasiauve, le nommé L. D.. âgé de 9 ans, viendrait ainsi de changement que le chagrin aurait produit dans le lait maternel. Heintock raconte au sujet d'une femme qui venait de se livrer à un emportement frénétique, cette particularité remarquable, que n'ayant osé présenter le sein à son enfant, elle se fit téter par un chien qui fut immédiatement saisi d'attaques.

On trouve dans Portai un fait qu'il tenait de Petit et qui mérite de figurer ici avec quelques détails :

Le général R. déjà père de deux enfants avait confié à une nourrice sur lieu un troisième enfant qui au bout de deux mois tomba subitement dans les convulsions de l'épilepsie. Les aînés, élevés de la même façon, n'avaient offert rien de semblable et les accidents ne pouvaient s'expliquer ni par l'hérédité, ni par la dentition ou les vers. On finit, à force de

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conjectures, par découvrir qu'une sœur de la nourrice était épileptique. Petit conseilla des lors de remplacer cette dernière, ce qui fut exécuté sans délai avec un plein succès.

De prime-abord pourtant, la certitude de l'effet épileptique est difficile à obtenir. Il importe, surtout, de ne pas attribuer au lait, dans les plus fortes présomptions, des accidents dont l'origine est fréquemment ailleurs. Combien de fois n'arrive-til pas que pour apaiser les enfants, les obliger à rester tranquille, ou se ménager des loisirs, les nourrices les compriment par des menaces, quelfois même par de mauvais traitements qui, assurément de leur côté, pourraient n'avoir pas été étrangers à la production de la maladie.

Vers intestinaux. — Bien que peu fréquente, cette cause ne peut être mise en doute. Des exemples remarquables ont été fournis par les auteurs : Ferrus, Esquirol, Legrand du Saulle, Burgraeve, Delasiauve... etc. « Qui n'a pas constaté, dit Guislain (i), les grandes irrégularités que provoque, dans le domaine intellectuel, la présence des vers intestinaux .? celle du tœnia surtout.?" qui n'a pas observé ces rires, ces pleurs, ces convulsions somnambuliformes, cataleptiformes épileptiformes, qui accompagnent la disposition vermineuse .? quant à moi, j'ai vu l'épilepsie naître sous l'influence d'une cause de cette nature. »

Cette observation d'ailleurs n'est pas récente. R. Whytt (2) nous offre l'exemple suivant :

{i) Guislain, Phréiiopatliies.

(2) De Whytt, Traité des maladies nerveuses, hypochondnaqnes et hystériques, Paris 1777.

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