‹ La folie chez les enfantsChapitre 34 sur 64 · VERS INTESTINAUX · texte numérisé non relu

VERS INTESTINAUX

Un jeune garçon de 14 ans fut attaqué le 12 janvier 1757, de douleurs à la tête et au ventre. Bientôt après il commença à avoir du délire et il ne répondait pas lorsqu'on lui parlait : tandis qu'il était éveillé, il lui arrivait quelquefois de jeter des cris affreux et il semblait qu'il se plaignît ou qu'il priât de le délivrer de son mal ; mais pour l'ordinaire, ce qu'il disait était sans suite et ne signifiait rien. Après un traitement où le calomelas joua un grand rôle, l'enfant rendit deux ascarides. Le 25e jour la santé était revenue parfaite. »

Vogel (i) a observé un jeune homme chez lequel deux attaques de manie furieuse, à quelques années l'une de l'autre se dissipèrent immédiatement après l'expulsion d'une assez grande quantité d'ascarides.

Revolat attribue à des vers lombrics des accidents maniaques et convulsifs survenus chez un enfant de 12 ans, et qui suivis d'une longue immobilité extatique, disparurent au bout d'un an, jugés par une fièvre grave et l'issue des entozoaires (2).

L''observation présentée par Legrand du Saulle à la société médico-psychologique (3) est des plus curieuses et mérite d'être rapportée ici : elle constitue un exemple remarquable de la réaction du physique sur le moral. Sous l'influence d'un état pathologique du cerveau déterminé par la présence de larves dans les sinus frontaux, on voit se produire en même temps que des troubles fonction-' nels une altération des facultés intellectuelles et morales qui disparaît avec la cause originelle de la convulsibilité du cerveau.

(1) Yogel.Aniiiiles iiiédico-psj^cholog iqiies, iS^j, p . 446.

(2) Revolat. Atiitales de médecine pratique de MoiifpeUier an XII (1804) t. IV, p. 288.

(}) Legrand du Saulle. Société médico-psychologique^ 23 février 1857.

152 CAUSES PHYSiaUES

« Lazarette âgée de 9 ans, quelques jours après une promenade dans la campagne où elle s'était amusée à cueillir des fleurs, fut prise tout à coup d'une céphalalgie très intense caractérisée surtout par un point extrêmement douloureux ayant son siège dans les sinus frontaux, par des éblouissements, des vertiges, par un chatouillement tout particulier de la membrane pituitaire, enfin par des éternuements répétés . Cet état dura environ pendant six semaines, sans que l'on pût s'en expliquer la cause réelle . Le caractère de la petite fille subit un brusque et notable changement ; elle donna tous les signes d'une surexcitation nerveuse très prononcée.

Le 10 décembre, l'enfant appela l'attention de sa mère sur des petites bêtes remuant imperceptiblement dans son mucus nasal. Ce phénomène attentivement observé se renouvela à de nombreuses reprises chaque fois que la petite fille se mouchait Une caloriflcation inacoutumée s'était développée entre les arcades sourcilières. Le fait fut signalé à un médecin qui, luimême, soumit à l'examen du professeur d'histoire naturelle de la faculté des sciences de Dijon, M. Brullé, les petits corps épars dans le mucus nasal desséché qui lui avait été remis. M. Brullé y crut reconnaître des larves d'insectes bien différents d'espèce, de genre, de famille, savoir les chrysomélines, des stratyomides (diptères; des dermestes du lard, des cistiles des scolopendres. Une consultation fut provoquée ; on constata la chaleur développée dans un point circonscrit de l'espace intersurcilier et la présence de larves dans le mucus nasal. On conseilla les sternutatoires, un vésicatoire à la nuque, des pediluves sinapisés,des laxatifs.

Loin de s'améliorer l'état s'aggrave ; la céphalalgie revient plus intense ; des convulsions ont lieu, qui durent plusieurs heures.

A cette crise longue et douloureuse succède un état comateux voisin de la congestion, un certain trouble des facultés intellectuelles, une anorexie complète. Malgré une amélioration prononcée obtenue par l'application de sangsues aux apophyses m^toïdes, le médecin ordinaire décida la famille à la placer à l'asile d'aliénés de la Côte-d'Or. Quelques jours après son admission, l'enfant en se mettant à table pousse tout à coup un petit cri et se débat dans une crise convulsive qui

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