‹ La folie chez les enfantsChapitre 36 sur 64 · VICKS DE CONFORMATION DU CRANE · texte numérisé non relu

VICKS DE CONFORMATION DU CRANE

Lu nier a retrouvé une déformation à peu près semblable, dans les Deux-Sèvres, Le même fait s'observe dans la Haute-Garonne, et tout le monde connaît la tête pyriforme des Toulousains.

Gosse, de Genève, dans un curieux travail (i) a étudié les déformations artificielles que les anciennes peuplades indiennes avaient coutume de pratiquer, soit pour donner au visage des guerriers un aspect plus terrible, soit pour développer chez eux certaines aptitudes ; or toutes ces manoeuvres, en s''opposant à l'expansion normale de l'encéphale, produisent une très grande proportion d'aliénés, d'épileptiques et d'idiots.

Les conséquences n'en sont pas moins saillantes au point de vue de la patliogénie de l'épilepsie.

L''analyse rapide des lésions observées dans l'ouverture des cadavres des épileptiques en fait foi.

« Leduc a remarqué que la tête des épileptiques est très grosse, les os du crâne très épais et les sutures eflfacées. Lorry confirme cette observation, Bontius a vu le crâne déformé et Morgagni l'a observé de même chez un grand nombre de sujets, Bontius a trouvé une fois l'os occipital ayant 9 lignes d'épaisseur. Zacchias a rencontré la table intérieure de l'occipital dévorée par la carie... Bontius a vu un enfant de six semaines que la présence des plis du béguin rendait épileptique et qui fut guéri en supprimant le béguin (2)... »

Quelques auteurs ont vu dans le défaut de symé-

(1) Gosse. Ess(7i sur les déformations artificielles du crâne. {Annales d'hygiène publique et de médecine légale, Paris 1855).

(2) Esquirol. Des maladies mentales, Paris 1838, tome I, 159.

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trie des deux hémiphères cérébraux et de la face une cause naturelle de l'épilepsie. Nous reviendrons plus loin, quand nous parlerons de l'épilepsie,sur cette question si magistralement traitée par Lasègue devant l'académie de m.édecine (i).

Nervosisme. — Nous devons enfin mentionner comme cause prédisposante à la folie et aux différentes névroses, cet état particulier qu'on a appelé le Nervosisme : cet état ne constitue pas, à proprement parler, ce qu'on appelle une maladie, mais bien une imminence maladive poussée à l'extrême : c'est, en effet, en vertu de cette aptitude toute particulière, de cette tension idiosyncrasique de l'appareil nerveux que le moindre ébranlement venu du dehors provoque la décharge du système nerveux, c'est à-dire, la manifestation névrosique. D'après la même prédisposition, tout, chez l'individu ainsi monté, revêt la même tendance. Ce sont chez ces individus que l'on trouve surtout les sujets les plus aptes à recevoir l'empreinte de la contagion des affections nerveuses, qui fournissent presque toujours, pour ainsi dire, des victimes aux épidémies nerveuses. Plus que tous autres, ils sont susceptibles au plus haut degré d'être atteints par l'action contagioniste, car il est facile de voir que, sans une prédisposition spéciale, l'action du contage eût été complètement nulle.

A quoi donc faut-il attribuer cette prédisposition? Nous l'avons déjà fait pressentir lorsque nous avons parlé de l'hérédité (2).

(1) Lasègue. Annales niédioc-psyckologiqites, 1877.

(2) Ici nous le répétons : nous prenons l'hérédité dans le

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