‹ La folie chez les enfantsChapitre 45 sur 64 · BAILLEMENT — RIRE · texte numérisé non relu

BAILLEMENT — RIRE

bàilleaient se propageait d'une manière frappante chez les sourdes muettes, qu'elle l'avait remarqué maintes fois, que ce fait d'ailleurs était si évident et si fréquent qu'on pouvait le constater habituellement et qu'il devenait quelquefois l'objet de distractions peu agréables. Le s institutrices ont répondu de même. Lorsqu'une élève bâille, a dit l'une, il est rare que trois ou quatre de ses compagnes ne la suivent pas inimédiameut. Une autre a ajouté que ce phénomène du bâillement, propagé à distance, était plus frappant, plus marqué chez le sourd muet que chez le parlant : que n'étant pas distrait par les bruits, toute son attention se portait dans ce qui frappait sa vue et qu'il était ainsi plus susceptible d'imitation pour les choses dépendantes de ce sens ».

Il est à remarquer que la répétition du phénomène fait beaucoup pour sa reproduction.

Voici sous ce rapport un fait curieux : il a été raconté à Rambosson par un vénérable vieillard qui a passé sa vie dans l'enseignement supérieur et dont la haute intelligence n'est étrangère à aucune des questions de science et de phil osophie, M. l'abbé Vasillier, chanoine honoraire d'Alger et premier aumônier du collège S'^-Barbe.

« Il y a cinquante ans, dit l'Abbé Vasillier, il s'est présenté dans mon institution, à Verdun, un personnage qui me proposa pour une légère rétribution, de donner comme récompense à mes élèves une récréation assez étrange. « Je m'engage, ajoutat-il, à les faire tous bâiller, sans exception, et même les professeurs ».

Les conditions furent acceptées : élèves et professeurs furent b ien résolus de résister le plus possible et d'infliger un éclatant démenti aux prétentions du personnage. Mais dans le nombre, deux professeurs et dix élèves jurèrent plus particulièrement de ne pas bâiller et des paris s'établirent dans ce sens. Tous étaient réunis dans une grande et vaste salle, tous étaient attentifs et quelques rires de défi commencèrent à se faire entendre. Cependant, le personnage en question, bien en vue, commença par des bâillements légers. Il les accentua peu

FORMES PUREMENT NERVEUSES

à peu, et il en vint à effectuer d'affreux bâillements. Il y eut quelques élèves qui ne tardèrent pas à être entraînés, puis quelques autres, puis quelques autres encore, et les plus récalcitrants furent obligés de subir l'épidémie. Chez les plus faibles, le bâillement était à son comble : ils se tordaient sur les bancs, ils en étaient malades ».

L'influence de la répétition est donc ici bien frappante.

HoauET. — Le hoquet constitue un degré plus élevé de la névrose.

Il est dû à une contraction spasmodique et subite du diaphragme, qui détermine une secousse brusque des cavités thoracique et abdominale, accompagnée d''un bruit rauque tout particulier et d'un resserrement subit de la glotte par lequel l'inspiration est interceptée. Ce phénomène se montre quelquefois comme symptôme de certaines maladies graves, de péritonite, de pleurésie, de blessures du diaphragme etc. Nous ne nous occuperons ici que du hoqmi spasmodique. Ce hoquet, qu'on pourrait appeler hystérique peut prendre quelquefois une intensité effrayante, devenir une espèce d'habitude fatigante à Texcès, et même, dit Sandras, donner ouverture à des accidents mortels. Dans ces faits exceptionnels, le hoquet devient excessivement grave par les douleurs qu'il cause, par la gêne de la respiration, par l'impossibilité de la déglutition et du sommeil qui en deviennent la conséquence forcée. Les choses se passent alors comme s'il y avait une véritable chorée du diaphragme et des muscles de la glotte, et la maladie devient un supplice prolongé auquel on ne sait comment se soustraire.

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