CARACTÈRE
rôle que doit jouer au point de vue pathogénique,. le caractère du sujet.
Mais que faut-il entendre par ce mot : Caractère ?
Sous ce nom, on désigne la manière d'être habituelle de l'ensemble des facultés cérébrales chez les différents individus se traduisant par l'accomplissement des actes. Ace point de vue on peut constater sur sa manifestation l'importance de certainesinfluences tant physiques que morales.
Nous avons déjà vu le rôle prépondérant del'hérédité : plus loin, nous verrons l'influence du physique, de l'état morbide des viscères sur le caractère, c'est-à-dire, sur les instincts, avec lesquelsils sont en relation, et de là sur les manifestations extérieures auxquelles ils conduisent d'une manière différente suivant les individus, et quelquefois aussi chez le même individu, suivant les variations de cet état.
L'expérience journalière ne permet pas de révoquer en doute l'inégalité des esprits qui, en dehors du mouvement spontané intérieur qui leur est propre, peuvent subir des modifications profondes pour cause étrangère ou externe. Or, nous l'avonsdéjà dit, l'organisation est tout. Il faut compter avec les dispositions, l'activité native des facultésintellectuelles morales ou affectives. Partant de ce principe que nous avons à faire à un prédisposé, on comprendra l'action que peuvent exercer sur lui les différentes causes qui sur des individus indemnes de toute prédisposition héréditaire n'ont aucune influence. Les inclinations sont innées et l'enfant obéit à une loi fatale : En voici des exemples :
CAUSES MORALES
A. M... II ans, est arrêté à une heure du matin sur un banc du boulevard Rochechouart, en état de vagabondage. Sa mère ne veut plus le réclamer car c'est la huitième fois qu'il s'échappe de chez elle et cinq fois déjà il a été arrêté dans les mêmes conditions. Interrogé, l'enfant répond qu'il est très bien chez ses parents, mais qu'il faut qu'il se sauve, qu'il se sauvera encore, si on le rend à sa mère, qu'il se sauvera toujours. « C'est dans le sang, » a-t-il ajouté, et il disait cela avec une douceur et un calme parfait. « Mais on va vous mettre dans une maison de correction. — J'aime encore mieux ça. »
E... D... a actuellement 13 ans et demi. Il est né en 1871 après la guerre. A cette époque, la famille habitait la province et n'a nullement eu à souffrir de l'invasion : ce n'est donc ■pas un enfant du siège. L'enfant naquit facilement, mais il était petit, chétif, malingre. De bons soins et l'air de la campagne en firent bientôt un bel enfant. Dès l'âge de deux ans, c'est-à-dire, presqu'aussitôt qu'il commence à marcher et à parler, se manifestent des penchants anormaux vers la méchanceté, la taquinerie... etc. Il se plaisait à tourmenter ses parents, à les inquiéter, se faisait chercher partout, cachait des objets, ameutant les voisins par ses cris quand on ne voulait pas satisfaire ses caprices. Ces instincts ne firent qu'augmenter jusqu'à l'âge de 6 ans. A cette époque, il commença à aller à l'école, mais au bout de peu de jours, son caractère désagréable et malveillant, contenu jusqu'alors, reprenait le dessus et le maître avait toutes les peines du monde à le maintenir. Jamais il ne voulut travailler avec son père ni apprendre de métier. Tous les moyens employés jusqu'à ce jour pour le mâter furent sans résultat. Douceur, fermeté, rien n'y fit.
A partir de la 70 année, il commence à manifester des idées d'indépendance peu en rapport avec son âge. Il flâne au lieu d'aller à l'école, ou en allant faire des commissions ; puis peu à peu, il reste plus longtemps absent ; il faut aller le chercher le soir dans les rues. Une fois, à une heure du matin, après avoir fait des recherches inutiles dans le quartier, on ramène l'enfant qui avait été à Alforville où il avait des parents. Quelques temps après, il s'échappait de nouveau de chez lui et restait 3 jours absent. On le retrouvait dans un coin de Paris .sale et déguenillé, mourant de faim. Rentré chez lui, il n'avait