Évangile de lohanan har-Zébadya, IV
LE VAGABONDAGE ET LES FUGUES CHEZ lESGHOU 149
jujubiers, troènes, ricins arborescents, treilles géantes, parfum des baumiers indiens acclimatés par Schelomo, hélas ! qu'ètes-vous devenus ! lossef bèn-Matthia a pu dire de Hiérîchus que c'était un pays divin. C'est aujourd'hui Tune des banlieues de l'enfer.
Une fois de plus, leschou bar-Iossef traversa cette ville, où, depuis l'âge de douze ans, il séjournait à chaque pèlerinage.
Deux routes bifurquaient devant lui, la première se dirigeant à l'ouest vers Hiérusalem, la seconde au nordouest vers Éphraïm. Il prit la seconde et, au bout d'une heure, atteignit les premiers contreforts des montagnes judéennes. A sa droite, rectiligne et verdoyante, la vallée du Jordanes fuyait vers le nord, toujours plus loin à mesure qu'il montait, jusqu'à ce que les hauteurs de la Samaria, qui peu à peu s'avançaient vers elle, le dissimulassent au regard.
Ephraïm était située à 28 kilomètres de Bethabara. Peut-être le Fils de l'Homme y séjourna-t-il quelques jours. Nous le verrons, en effet, s'y réfugier plus tard et Ton ne se réfugie guère que là où Ton a des amis. Les montagnards sont ignorants, crédules, enclins au mysticisme. Où pouvait-il rencontrer plus de ferveur que dans ce bourg perdu au milieu des montagnes, sur la route des prophètes, du lieu saint de Guilgal au lieu saint de Bethel?
La route, après Ephraïm, contournait une vaste ouïe, au flanc du monlescarpé qui supportait Baal-Chazor, traversait la ville forte de Béthel et, près de la fontaine de Beerith, rejoignait la grande route de Hiérusalem à Plolémaïs.
A partir de cet endroit, il marcha droit au nord. Une descente au milieu des rochers, une vallée, un plateau cultivé, une montagne percée de syringes et couverte de blocs erratiques, une source, une source encore jaillissant d'une montagne rocheuse et arrosant des jardins.
un étang de 500 mètres auprès de la route, et le « divin voyageur » descend, en suivant le cours d'un ruisseau coupé de cascades, dans la vallée de Gophna, pleine d'oliviers, de figuiers et de grenadiers. Il en remonte, parmi les champs cultivés et les vignobles, le versant occidental, traverse un plateau verdoyant, un bois de pins, un vallon encombré de roseaux gigantesques et atteint le village de Selfit, ses piscines et ses tombeaux taillés en pleine pierre.
Un plateau rocailleux, une combe d'oliviers et d'amandiers, un hameau avec sa source et sa vasque, un plateau rocailleux encore, et voici que l'horizon s'ouvre sur des champs de blé et sur des prairies fleuries d'asphodèles. C'est la vallée de Suchar.
A droite, les collines s'abaissent en molles ondulations. A gauche, pareilles à une courtine, elles se heurtent à un bastion : le mont sacré des Samaritains, le verdoyant Garizim. A trois kilomètres plus loin, un autre bastion se dresse, l'Ebal, percé de grottes funéraires. Ils ont, l'un et l'autre, 900 mètres de hauteur. La vallée passe entre eux, en s'infléchissant à l'ouest. Elle se couvre de potagers, de vergers, de jardins clôturés d'aloès et de nopals et atteint Néapolis, que les Samaritains appelaient Sichem et les Juifs orthodoxes Suchar (mensonge), à cause du Garizim.
Suchar était une ville de refuge pour les Juifs recherchés par les inquisiteurs sanhédrinaux, mais leschou bar-Iossef se sentait mal à l'aise, même dans les villes hérétiques. Il n'entra pas plus dans Suchar qu'il n^était entré dans Tibérias et qu'il n'entrera dans Tyrus, dans Sidonis et dans Césarœa-de-Philippos. Au surplus, il était « exténué par le chemin^ », lui seul de sa petite