‹ La folie de Jésus (volume 2)Chapitre 147 sur 298 · Journal d'Hufeland · texte numérisé non relu

Journal d'Hufeland

doanier, frappe un surveillant d'un coup, qui glisse sur les côtes^ et égorge deux aliénés ^

III. Un fou mystique, qui se croyait envoyé de Dieu pour punir les péchés des hommes, tua son père, qu*il considérait comme un grand pécheur*.

IV. Charles D., copiste, est âgé de 34 ans. Son père mourut atteint de monomanie religieuse. Son frère a, dans un accès de fureur subite, tué d'un coup de couteau un jeune homme qu'il ne connaissait pas.

Lui-même est triste et misanthrope.

Un jour, il entre chez une de ses voisines, une vieille femme, Mme P., pour laquelle il professait un profond respect, referme la porte sur lui et, tirant un scalpel, lui crie : « Faites votre prière, vous allez mourir. »

A l'égarement de ses yeux, Mme P. voit le danger et veut prendre la fuite. D. la renverse et lui porte huit coups de son arme dans la poitrine. Les voisins étant accourus aux cris de la victime, l'assassin ouvre la porte, tenant encore son scalpel, et dit d'un air impassible : « Je viens d'exécuter la volonté de Dieu ; il m'avait chargé de lui envoyer cette malheureuse. Elle n'avait commis aucune faute, elle ira droit à lui^. »

V. Depuis quelque temps, Claustre (de Larny, près Lyon), vit très retiré, ne parlante personne. Il a reçu de Dieu mission de convertir les pécheurs.

Un jour, comme sa femme se disposait à sortir d'une écurie où elle venait de traire ses brebis, il lui assène des coups de bâton sur la tête. Elle tombe. Il prend une hache et la frappe au cou jusqu'à ce que la tête soit complètement séparée du tronc, puis il s'en va annoncer dans le village qu'il vient de tuer sa femme pour la plus grande gloire de Dieu^.

1. Pinel. Traité médicO'phUo»ophique sur Valiénaiion mentale. Paris, Brosson, 1809, pp. 119 et 120.

2. Max Simon. Crimée et délits dans la folie. Paris, Baillière, 1886.

3. Allaman. Des aliénés criminels. Thèse de Paris, 1891, pp. 104 et 106.

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