CHAPITRE PREMIER
PHTSIOLOGIE DU LANGAGE
Nous avons vu que tout phénomène cérébral aboutit, tôt ou tard, à une contraction musculaire.
La parole est l'ensemble des bruits qui résultent de la vibration de l'air sous l'influence des contractions de l'appareil phonateur, appareil dont le larynx, la langue et les lèvres sont les organes essentiels et dont le centre nerveux est situé dans le pied de la troisième circonvolution frontale, au voisinage de ceux qui commandent la mimique et les gestes.
La parole est un des procédés par lesquels l'homme restitue au monde extérieur l'énergie qu'il lui a empruntée :
« L'expression, écrit Dugas, est subjectivement le succédané et objectivement le dérivatif de l'action réelle... Parler, c'est avant tout et d'abord se décharger du poids \
de sa pensée; ce n'est qu'accessoirement et ensuite communiquer sa pensée aux autres ^ »
L'appareil phonateur a pu être artificiellement reproduit. La machine Wheatstone pouvait prononcer la phrase « Je vous aime de tout mon cœur » et la machine Faber, avec ses quatorze touches et ses trois pédales, parle dans toutes les langues.
La phonation apparut d'abord chez les poissons {Alosa musica^ Murœna syren). Elle se développa progressivement chez les reptiles, les batraciens, les oiseaux, les marsupiaux, les édentés, le» rongeurs, les ruminants, les carnassiers et les singes, pour aboutir au langage articulé de l'homme.
Le langage des premiers hommes se composait de quatre à cinq cents monosyllabes ; c'est du moins à ce chiffre que sont arrivés les linguistes en restituant, par l'analyse, la langue aryenne, la langue sémitique et la langue mongole primitives.
En ce qui concerne la langue aryenne, elle ne possédait que les sons correspondant à dix-neuf des lettres de notre alphabet.
Ce langage rudimentaire se retrouve aujourd'hui dans les races et les classes inférieures.
Les Fidjiens n'ont pas le G.
Les Somo-Somo n'ont pas le K.
Les Australiens n'ont pas le S.
Les Raki-Raki n'ont pas le T.
Les Chinois ne possèdent que dix-neuf sons alphabétiques.
Les indigènes de Port-aux-Français n'en possèdent que dix-huit
Les Péruviens et les Hurons que dix-sept.