‹ La folie de Jésus (volume 2)Chapitre 209 sur 298 · Ibidem, t. II, p · texte numérisé non relu

Ibidem, t. II, p

5. Binet-Sanglé. Les cures miraculeuses de Jésus, a Revue blanche », 16 juin et 1" juillet 11)02.

DAVID 8TRAU88

C'est en 1835 que David Strauss publia la première édition de sa Vie de Jésus, L'auteur, répétiteur au séminaire de Tubingen, déclarait en substance que Jésus s'était cm le Messie et qu'il avait voulu fonder un royaume surnaturel. Les cléricaux sursautèrent. David Strauss fut révoqué et abreuvé d'injures.

Il n'était pas très courageux et crut devoir se rétracter. En 1838, il déclara que le Christ était le plus grand génie qui ait jamais paru sur la terre. Cette palinodie faillit lui réussir. On le nomma professeur de dogmatique et d'histoire à l'Université de Zurich.

Courte joie. Les ieschouâtres n'admettent point qu'on rabaisse leur dieu à l'état d'un homme de génie. Ils protestèrent avec une telle véhémence qu'on mit le professeur de Zurich à la retraite avant sa première leçon.

Alors, dans la quatrième édition de son ouvrage, David Strauss retira toutes les concessions faites. Plus tard, dans sa Dogmatique chrétienne^ il professa que la religion est une forme inférieure de la pensée, et enfin, dans son dernier livre, V ancienne et la nouvelle foi^ il nia l'existence de Dieu.

Lamentable histoire ! Grande leçon!

Le navigateur, jeté à la côte par une tempête, ne doit pas aller au devant des flots pour les apaiser. Il doit supporter vaillamment leur choc et, naufragé solitaire mais plein d'un espoir sublime, se cramponner à l'écueil qui annonce la terre, à l'infrangible Vérité.

Dans sa Vie de Jésus (édition de 1864), David Strauss

DECOUVERTE DE LA FOLIE DE lESCHOU BAR-IOSSEF 307

déclare que, si l'on admet comme historique les discours de leschou bar-Iossef dans Tévangile de lohanan bar- Zébadya, on est obligé de « reconnaître, par cela même, que Jésus s'est montré visionnaire et non à un faible degré * » .

Et plus loin, parlant de ravènement du Royaume de Dieu :

« Jésus rattache à sa propre personne cette révolution miraculeuse, avènement de la justice idéale », et s'annonce « comme devant venir dans les airs, porté sur les nuées du ciel et entouré d'anges pour réveiller les morts et tenir son jugement ». Il s'en faut de beaucoup que ce soit la même chose d'attendre tout cela d'une manière générale ou de l'attendre de soi-même. L'homme (et c'est toujours d'un homme dont nous entendons parler ici) qui se mettrait tellement au-dessus de ses semblables et qui se constituerait leur juge à venir ne serait plus simplement un visionnaire, son illuminisme se compliquerait de quelque présomption^. »

« Ce qui est sûr, écrit-il encore, c'est que jamais hommey sain de tète et de cœur, n'a pu tenir sur lui-même le langage que le quatrième Évangile met dans la bouche de Jésus, à part même ces pointes aventureuses dans un domaine qui remonte au delà de l'origine des temps. C'est une glorification perpétuelle, où le pronom Je remplace le pronom Tu ou le pronom II ^. »

1. David Strauss. Nouvelle Vie de Jésus. Traduction Nelllzer et Ch. Oollfus. Paris, Hetzel, t. I, p. 310.

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