JEAN MICHON
(21 janvier 1806-8 mai 1881.)
Un prêtre libéral, un prêtre qui salua avec enthousiasme la Révolution de 1848, se chargea de mpntrerque David Strauss et Ernest Renan s'étaient gravement trompés en faisant de leschou bar-Iossef un homme de génie et que l'exégèse rationaliste aboutissait fatalement à l'affir^ mation de la folie du Nazaréen.
Dans sa Vie de Jésus y publiée en 1866, on trouve les passages suivants :
1. Ernest Renan. Vie de Jéius. Paris, Michel Lévy, 1867, p. 331.
3i0 L\ FOLIE DE JESUS
i( J'ai établi longuement ce point, comment l'écrivaiD rationaliste (Renan) ne voulant pas reconnaître Jésus comme Dieu, a été amené logiquement et à son insu à faire de lui un halluciné. C'est, je crois, le côté par lequel M. Renan est le plus attaquable, tout écrivain étant tenu à être logique. M. Renan a écrit ceci : « Un état où Tod « dit des choses dont on n'a pas conscience, où la pensée « se produit sans que la volonté l'appelle et la règle exce pose maintenant un homme à être séquestré comme hal* « luciné. Autrefois cela s'appelait prophétie et inspiration.» {VU de JésuSy p. 453.) Après avoir posé un tel principe toute la vie du Christ s'explique, mais Jésus n'est plus qu'un enthousiaste et un illuminé ^. »
Et plus loin :
K Si Jésus n'est qu'un simple sage jouant le rôle de rabbi, nous avons tellement trouvé sa sagesse en défaut que nous avons été amené à le juger peu maître de sa raison. Et certes un tel homme ne mériterait rien de la gloire qu'on lui décerne en dehors de son rôle divin.
« Si Ton établit l'hypothèse que Jésus, par une hallucination incroyable, entendant parler sans cesse du Messie à venir, se soit mis dans la tête qu'il est vraiment ce Messie promis par les patriarches et les prophètes, c'est encore pis. Le rabbi descend de nouveau dans notre appréciation et dans notre estime et nous sommes peu disposés à trouver bon qu'on décerne tant d'hommages à nukalluciné. De tels hommes ont été fréquents dans l'histoire. J'en ai vu un de ce genre, se croyant prophète et courant de la pointe du pied sur les créneaux élevés des remparts de Jérusalem. Voulez- vous rabaisser jusque-là votre sage -^ ? »
Ainsi, pour Jean Michon, leschou bar-lossef n'était pas
1. Jean Michon. Vie de Jésus, Paris, Dentu, 1866, 1. 1, p. 194.