Ibidem, pp. 346 et
DECOUVERTE DE LA FOLIE DE lESCHOU BAR-IOSSEF 314
un homme de génie. Cétait un fou ou c'était un dieu. Pour lui, prêtre, c'était un dieu.
LUDWIQ NOACK
(4 octobre 1819-17 juin 1885.)
Ludwig Noack était professeur de dogme au gymnase de Worms. Théologien libéral, il eut à subir d'incessantes tracasseries de la part de l'autorité ecclésiastique.
En 1870, il publia un ouvrage intitulé Aus der Jordan IViege nach Golgotha^ où il déclarait en substance que leschou bar-Iossef était un illuminé et un extatique. Je ne connais cet ouvrage que par une courte analyse et n'ai pu me le procurer.
JULE8 80URY
(né le 28 mai 1842.)
Jules Soury, bibliothécaire à la Nationale, se livra à des travaux d'érudition jusqu'en 1865 (23 ans).
A cette époque, il se mita étudier Tanatomie du système nerveux à la Salpêtrière, sous Luys et Auguste Voisin et, dès lors, tel un autre bibliothécaire, Alfred Maury, auquel nous devons d'excellents ouvrages de physiologie et de pathologie nerveuses, il partagea sa vie entre des travaux d'histoire et des travaux de neurologie.
1. Jules Sour;^'. Jésus et les Évangiles. Paris, Charpentier, 1878, p. 34.
Ce labeur en partie double aboutit, en 1878 (36 ans}, à la publication d'un livre intitulé Jésus et les Evangiles *, où il fait délibérément son choix entre les propositions du dilemme posé par Jean Michon :
« Jésus n'est plus qu'un problème de psychologie morbide. »
Grâce à Jules Soury, la physionomie de l'Homme-Dieu, replongée après Paul Dietrich dans les brumes d'une métaphysique fortement imprégnée de théologie, réapparaît soudain en pleine lumière et c'est un portrait d'un beau réalisme qui nous est tracé dans le petit livre du neurologîste-historien :
« Était-ce ce qu'on appelle un prédisposé (un prédisposé par hérédité)*? C'est probable. Ce qu'on sait positivement de son frère Jacques ne permet guère d'en douter 2. »
Il était « d'une constitution qui paraît avoir été délicate et maladive ^ ».
Il y avait, chez lui, une « évidente perversion du sentiment affectif à l'égard de sa mère et de ses frères ^ » .
C'était un «malade » ^, un « aliéné » ^.
<( Le messianisme sévissait alors en Palestine comme une épidémie, Jésus fut atteint de cette maladie mentale'^ »
Il fut « absorbé, peut-être dès l'enfance, dans une seule et même pensée, laquelle aurait grandi avec les années au point de recouvrir de sa végétation et d'étouffer sous son ombre toute autre idée humaine^ ».
1. Jules Soury. Jésus tl les Évangiles, Paris, Charpentier, 1878, p. 34.