‹ La folie de Jésus (volume 2)Chapitre 274 sur 298 · Évangile selon Livi dit Malthia, IV · texte numérisé non relu

Évangile selon Livi dit Malthia, IV

et nourrie par les hallucinations, ces malades sont disposés à agir en conformité avec leurs idées, soit dans le rôle inofl'ensif de prêcheur dans le désert, dans celui de réformateur et de Sauveur du monde, ce qui ne les rend que ridicules et impossibles dans la société, soit dans le rôle plus dangereux de champion de la foi divine, qui n'hésite pas à sévir contre les mécréants avec le feu et le glaive, ad majorem Dei gloriam^ à l'instar de certains fanatiques normaux (?) des époques passées.

« Comme dans la paranoïa de nature persécutoire dépressive, on peut aussi, dans la paranoïa religieuse expansive, distinguer en général deux sortes de stades pathologiques: le premier, celui de la passivité, où le malade se comporte simplement comme observateur et récepteur des sentiments sublimes qui germent en lui et se trouve en présence des hallucinations. Le second est celui de l'activité où le délire achevé cherche à se faire valoir, ce qui provoque des conflits avec le monde réel.

« Ce qui est digne d'être remarqué dans le cours de la maladie de ces messies et de ces madones, c'est que, à côté de périodes d'enthousiasme allant jusqu'à l'extase» il y a, chez eux, des moments où ils sont en proie à des paroxysmes de la contrition la plus profonde, d'anéantissement du sentiment d'eux-mêmes, des périodes de doute sur leur dignité pour remplir la mission divine, des périodes où ils ont la conviction d'être des misérables pécheurs, d'avoir besoin de se purifier et de faire pénitence, périodes pendant lesquelles ils refusent la nourriture, s'imposent le silence, pratiquent le plus grand ascétisme jusqu'à se mutiler eux-mêmes et, par suite de

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et nourrie par les hallucinations (les évangélisles ne l'observèrent que pendant cette période), ce malade agit en conformité avec ses idées, soit dans le rôle inoffensif de prêcheur dans le désert, dans celui de réformateur et de Sauveur du monde, ce qui ne le rendit que ridicule et impossible dans la société, soit dans le rôle plus dangereux de champion de la foi divine, qui n'hésite pas à sévir contre les mécréants (marchands et changeurs du temple de Hiérusalem), ad majorem Dei gloriam (pour purifier la maison de son père), à Tinstar de certains fanatiques (nébiim) des époques passées.

On peut, chez lui, distinguer deux stades pathologiques. Le premier, celui de la passivité (de douze à trente ans), où il se comporte simplement comme observateur et récepteur des sentiments sublimes qui germent en lui et se trouve en présence des hallucinations. Le second stade est celui de l'activité où le délire achevé cherche à se faire valoir, ce qui provoque des conflits avec le monde réel (Nazaréens, Gadaréniens, hérodiens, sophérim, pérouschim, saddoukim, grand sanhédrin, procurateur).

Ce qui est digne d'être remarqué dans le cours de la maladie de ce Messie, c'est que, à côté de périodes d'enthousiasme (comme celles des « Béatitudes ») allant jusqu'à l'extase, il y avait, chez lui, des moments où il était en proie à des paroxysmes de contrition profonde, des périodes de doute sur sa dignité pour remplir la mission divine (« Si tu es le fils cVElohim *... »), des périodes pendant lesquelles il refusait la nourriture, avait des idées de mutilation et, par suite de visions diaboliques, se croyait môme menacé par Schatan. Cette attaque démonomaniaque passa bien vite et l'ascétisme continu (quarante jours), ainsi que la concentration religieuse,

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