Évangile selon Lévi dil Mailhla^ W
iSi DESCRIPTION DK KRAFFT-EBING
Tangoisse précordiale et de visions diaboliques, se croient même menacés par Satan. Ordinairement ces attaques démonomaniaques passent bien vite et Tascétisme continu, ainsi que la concentration religieuse, produisent bientôt de nouveau des visions célestes.
« La suite de la marche de la maladie est uniforme pour tous les cas. Comme ces individus ne peuvent pas se maintenir dans la société, on a souvent l'occasion d'étudier dans les asiles les terminaisons de la maladie. Dans les cas favorables, on peut, par l'isolement dans un asile et en ayant soin d'éloigner tous les objets du culte et les occasions de pratiques religieuses, atténuer l'exaltation religieuse, rendre plus sobre le malade, et arriver à ce que, par la cessation des hallucinations, le trouble revienne à l'ancien degré d'excentricité religieuse.
« La prédisposition à une explosion nouvelle de la maladie, par suite de causes accidentelles somatiques et psychiques, n'en continue pas moins à subsister.
« Si ces malades sont internés dans un asile et que leur idée délirante ne s'efface pas, la maison de santé, avec la privation de la liberté, leur apparaît bientôt comme un lieu de martyre, une station d'épreuves, etc. ; ils se plaisent dans ce rôle de martyr noble et paresseux, ou ils se consolent, soit par l'idée de leur prochaine mission messianique, idée entretenue par les hallucinations, soit par la conviction que leur temps n'est pas encore venu, etc.
« Au commencement, ces malades troublent, par- ci par-là, la tranquillité des autres en voulant faire du prosélytisme par des explosions de fanatisme contre l'entourage profane; plus tard ils deviennent des pensionnaires calmes et quelquefois même laborieux (quand l'idée délirante s'est suffisamment effacée).
LE CAS lESGHOU BAR-IOSSEF 433
produisit bientôt de nouveau des visions célestes (« Le diable le laissa et les maléàkim (les anges) s' approchèrent y le servant^ »).
La maison familiale apparaissait à leschou bar-Iossef comme un lieu de martyre, une station d'épreuves, mais il se consolait, soit par l'idée de sa prochaine mission messianique, entretenue par les hallucinations (« Je dois être occupé des choses de mon père'^ »), soit par la conviction que son temps n'était pas encore venu (« Mon temps n'est pas encore çenu^ »). Il se livrait constamment au prosélytisme et avait des explosions de fanatisme contre les profanes, les sceptiques et les incrédules (« Malheur à vous, sophérim et pérouschini'* !.,. Malheur à toi^ Chorazin! Malheur à toi, Bethsaïda'' I »).