Évangile selon Lévi dit Malthia^ XI
« Dans leurs paroxysmes dépressifs, quand ils sont en lutte contre les tentations du diable ou qu^ls pratiquent la pénitence et le jeûne, le refus de nourriture est un phénomène ordinaire, mais ce refus conduit rarement à la nécessité de gaver le malade de force.
« Ces malades sont toujours dangereux pour eux-mêmes par les mutilations qu*ils font sur leur propre corps, soit spontanément, soit par suite d'un ordre de Dieu. Parfois même ils tentent de se crucifier. Ils sont dangereux pour les autres, à cause de leurs actes de fanatisme : exécution des ordres reçus de Dieu, interprétations incomprises et insensées de passages de la Bible.
« La terminaison de la paranoïa religieuse est la débilité psychique, dans laquelle Tidée délirante n'existe plus pour le malade qu'à l'état de phrase et n'est plus réveillée et soutenue ni par les hallucinations, ni par les sensations extatiques.
« La terminaison par idiotie complète et apathique ne se rencontre pas dans cette variété de paranoïa *. »
1. Krafit-Ebing. Traité clinique de psychialrie. Traduction Laurent. Paris, Maloine, 1897, pp. 480 à 483.
LE CAS lESCHOU BAR-IOSSKF 435
Dans Tun de ses paroxysmes dépressifs, lorsqu'il fut en lutte contre les tentations du diable, il s'abstint de nourriture pendant de longs jours.
Ce malade était dangereux pour lui-même en raison de ses idées d'auto-mutilation. Il était dangereux pour les autres, comme le prouve cet acte de fanatisme où, interprétant d'une façon insensée un passage de la Bible : « Ma maison est appelée maison de prière pour toutes les nations^^ », il chassa, à coups de corde, les marchands et les changeurs du temple de Hiérusalem.
fi. leschayahoUf LVI.