‹ La folie de Jésus (volume 2)Chapitre 278 sur 298 · LE CAS IE8CHOU BAR-I088EF · texte numérisé non relu

LE CAS IE8CHOU BAR-I088EF

leschou bar-Iossef était un sujet entaché d'hérédité morbide (parents dévots, frère et cousin germain demifous, sept mystiques sur treize membres de la famille).

L'influence de l'éducation et du milieu parait avoir eu une action prépondérante sur l'orientation de son délire dans le sens religieux. Ce délire atteignit en effet un sujet qui, depuis l'enfance, présentait un goût marqué pour les pratiques de la religion, l'habitude de raisonner sur les dogmes et une véritable exaltation mystique (fugue au temple, discussion avec les sophérim, hypermnésie mystique). Son délire ne fut réellement que l'amplification pathologique des tendances antérieures, qu'une hyper trophie du caractère chez un sujet excitable et d'une intelligence débile (ainsi qu'en témoigne la pauvreté de ses raisonnements).

^38 DESCRIPTION d'aRNAUD

« Comme tous les délires systématisés chroniques, le délire religieux présente dans son évolution trois périodes : période de préparation, période d'état, période de déclin.

« d) La période de préparation ou d^incubation, ainsi que nous l'avons déjà dit, remonte souvent à Tenfance ou à la puberté. Elle est caractérisée par l'aptitude aux émotions religieuses, par des pratiques exagérées, ascétiques et parfois bizarres.

« Les sujets manifestent un véritable enthousiasme pour les cérémonies du culte ; ils sont hantés par Tardent désir d'entrer au couvent ou au séminaire, ils projettent d'évangéliser les peuplades sauvages, ils rêvent du martyre, etc... Ces préoccupations élevées coexistent souvent avec une vive excitabilité génitale qui se satisfait par la masturbation, mais qui détermine une lutte morale quelquefois très pénible, des remords, des accès de découragement. L'excitabilité génitale se traduit aussi, sous une forme indirecte et inconsciente, par une sorte de mysticisme erotique qui s'adresse à tel ou tel saint en particulier, quelquefois à un prêtre, dont la présence avidement recherchée ou même dont la seule pensée procure des sensations spéciales et très vives.

« Dès cette période, ces futurs délirants sont absorbés dans des exercices de piété, dans la lecture d'ouvrages pieux; distraits pour tout le reste, ils perdent le goût et l'habitude du travail. Des hallucinations de la vue, des apparitions célestes qui remplissent les malades de joie, se montrent quelquefois à ce moment.

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Ce délire religieux présenta dans son évolution trois périodes : période de préparation, période d*état, période de déclin.

a) La période de préparation ou d'incubation remontait à la puberté (car, dès Tâge de douze ans, il proclama sa filiation divine). Elle était caractérisée par une aptitude aux émotions religieuses et par un véritable enthousiasme pour les cérémonies du culte (Nous le voyons, en effet, abandonner ses parents et se rendre seul au temple).

Il projetait d'évangéliser la peuplade juive et rêvaitdu martyre (« Le bon berger donne sa vie pour ses brebis^ ». « Je donne ma vie^ »). Ces préoccupations élevées coexistaient chez lui avec une vive excitabilité génitale (idée de castration) qui se satisfaisait probablement par la masturbation (idée d'amputation de la main).

Dès la période d'incubation, ce futur délirant fut absorbé dans des exercices de piété (fréquentation des synagogues, pèlerinages) et dans la lecture des ouvrages pieux (ainsi qu'en témoigne sa connaissance parfaite de l'Ancien Testament). Distrait pour tout le reste, il perdit le goût et l'habitude du travail (et finit par abandonner son métier). Des hallucinations de la vue, des apparitions célestes durent se montrer à ce moment, car il déclare à ses parents : « Je dois être occupé des choses de mon père ^. »

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