‹ La folie de Jésus (volume 2)Chapitre 281 sur 298 · Évangile de lohanan bar-Zébadya, VIII · texte numérisé non relu

Évangile de lohanan bar-Zébadya, VIII

44* DESCRIPTION d'aRNAUD

« Dans la forme dépressive (démonomanie), ce sont, au contraire, des sensations pénibles accusant l'action diabolique.

« Les troubles psycho-moteurs sont fréquents; ils consistent très souvent en sensations de déplacement du corps, de soulèvement, etc.

« Les hallucinations verbales motrices (voix intérieure) sont habituelles.

« Mais les idées religieuses, les sensations de pur ravissement et les hallucinations correspondantes se compliquent presque toujours d'éléments d'une tout autre nature. Nous voulons parler des idées erotiques, à peu près constantes dans les délires religieux, systématisés ou non. Ces idées spéciales sont peut-être plus développées chez la femme, et elles s'accompagnent de sensations génitales, parfois très précises et nullement mystiques. 11 y a là souvent pour le malade une cause de trouble profond ; il attribue à l'influence du Malin ces idées lubriques et ces sensations voluptueuses ; il s'applique à les chasser, par la pénitence, par le jeûne et les macérations ; il a des moments de doute, de découragement et de désespoir. Cette lutte entre des tendances contraires, entre le bien et le mal, est caractéristique d'un trouble profond de la personnalité, d'un véritable dédoublement; elle s'accompagne souvent d'idées de possession. Mais ces crises de dépression sont passagères et, avec la systématisation croissante, apparaissent, après un temps plus ou moins long, des idées de grandeur qui dissipent tous les doutes et toutes les angoisses.

« Si c'est un homme, le malade est prophète, il est le

LE CAS lESCHOU BAR-IOSSEF 445

Il eut une période dépressive (démonomanie), accusant l'action diabolique.

Les troubles psycho-moteurs consistaient en une sensation de déplacement du corps, de soulèvement (« Le diable le transporte vers la ville sainte et le pose sur le temple * ». « Le diable le transporte encore vers une forte haute montagne et lui découvre tous les royaumes de la terre ^ »).

Les hallucinations verbales motrices (voix intérieures) étaient habituelles (« Le discours que vous écoutez n^est pas mien, mais dupère qui m'a envoyé ^ »).

Mais les idées religieuses, les sensations de pur ravissement et les hallucinations correspondantes se compliquaient d'éléments d'une toute autre nature. Je veux parler des idées erotiques d'auto-mutilation (eunuchisme, œdipisme, amputation de la main). C'est peut-être, pour une part, de ces idées spéciales, attribuées à l'influence du Malin, que relèvent le jeûne au désert et les moments de doute marqués par ces phrases hallucinatoires : « Si tu es le Fils d'Elo1iim^..,yi^ lutte entre des tendances contraires, entre le bien et le mal, caractéristique d'un trouble profond de la personnalité, d'un véritable dédoublement et s'accompagnant d'une idée d'obsession diabolique. Mais cette crise de dépression fut passagère et, avec la systématisation croissante, apparurent des idées de grandeur qui dissipèrent tous les doutes et toutes les angoisses.

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