DESCRIPTION D ARNAUD
représentant direct de Dieu sur la terre, il doit assurer le triomphe de la religion dans TUnivers ; il est le sauveur du monde, etc. Si c'est une femme, elle peut avoir aussi une mission analogue, mais, le plus souvent, elle est destinée à mettre au monde un nouveau Christ ; elle est la mère de Dieu ; elle s'explique alors les sensations qui la troublaient autrefois et elle en jouit sans remords.
« Le passage aux idées de grandeur est encore un caractère essentiel du délire systématisé religieux à évolution chronique. Il s'y môle assez souvent des idées de persécution. De môme que, tout à l'heure, les malades avaient à lutter contre le Démon et ses tentations, ils ont maintenant des ennemis qui s'opposent à leur mission, qui méconnaissent leur grandeur et qui s'appliquent à leur susciter des obstacles. Mais, dans l'ensemble du délire, ces idées de persécution, secondaires par leur développement, le sont aussi par leur importance et elles n'occupent que le second plan.
« Les délirants religieux systématiques sont généralement animés d'un vif esprit de prosélytisme : ils répandent autour d'eux la bonne parole, avec une ardeur souvent contagieuse. A de certaines époques et encore de nos jours , tel de ces malades devient le point de départ d'une véritable épidémie de délire mystique, donnant lieu, non pas seulement à des extravagances, mais aussi à des actes très graves et très dangereux. Ces malades présentent en effet une tendance particulière aux mutilations et au suicide. Les mutilations qu'ils affectionnent spécialement sont celles qui portent sur les organes génitaux et l'on sait que la castration et l'amputation des seins sont un des vices habituels de la secte des skoptzi. Les plus modérés se contentent de se mortifier et se torturer au moyen de cilices dont les piquants déchirent la
LE CAS lESGlIOU BAR-IOSSEF 447
Le malade est prophète (« Il y a ici plus que lona ^ ») ; il est le représentant direct de Dieu sur la terre (« Je suis venu au nom de mon père 2 »). Il doit assurer le triomphe de sa religion dans l'univers, il est le sauveur du monde (« Je ne suis pas venu pour juger le moncle^ mais pour le sauver^ w^.
A ces idées de grandeur se mêlaient des idées de persécution. De même que, tout à Theure, il avait à lutter contre le Démon et ses tentations, il a maintenant des ennemis (hérodiens, sophérim et pérouschim) qui s'opposent à sa mission, qui méconnaissent sa grandeur et s'appliquent à lui susciter des obstacles. Mais, dans l'ensemble du délire, ces idées de persécution, secondaires dans leur développement (et d'ailleurs justifiées), le sont aussi par leur importance et elles n'occupent que le second plan.
Ce délirant religieux était animé d'un vif esprit de prosélytisme. Il répandait autour de lui la bonne parole (« la bonne nouvelle^ ») avec une ardeur contagieuse. Il devint ainsi le point de départ d'une véritable épidémie de délire mystique, donnant lieu, après sa mort, non pas seulement à des extravagances, mais aussi à des accès très graves et très dangereux (croisades, inquisition, guerre des Albigeois). Il présentait une tendance particulière aux mutilations. La mutilation qu'il affectionnait spécialement (car il en parle à deux reprises) est celle qui porte sur les organes génitaux, c'est-à-dire la castration.