Évangile de Lucas, IV
448 DESCRIPTION d'aRNAUD
peau, de chaînes de fer armées de pointes qui pénètrent dans les chairs, etc.
« Ces souffrances et la mort volontaire sont, pensent les malades, agréables à Dieu, elles assurent leur salut éternel. Aussi, par esprit de prosélytisme, veulent-ils procurer aux autres les mêmes félicités ; de Tauto-mutilation et du suicide ils passent fréquemment à l'attentat et au meurtre sur autrui. 11 n'est pas rare qu'un de ces malades tue ses propres enfants ou quelqu'un des siens pour hâter l'arrivée au paradis ; c'est parfois pour obéir à une hallucination impérative qu'il commet un meurtre. Dans certains cas, ils réussissent à répandre autour d'eux, en même temps que leurs idées, l'appétit du suicide. On trouve de nombreux exemples de ces sortes d'épidémies dans les auteurs spéciaux.
« L'activité délirante finit par s'atténuer progressivement; les hallucinations et les sensations extatiques perdent leur vivacité, c'est la période de déclin. Les idées délirantes sont stéréotypées, sans variété et sans éclat; le malade s'immobilise dans des formules monotones, il répète toujours les mêmes paroles, il accomplit les mêmes actes, il adopte une attitude conforme à sa mission imaginaire, et souvent il s'emporte dès qu'on le dérange de ses prières ou dès que l'on discute avec lui des questions religieuses.
« On observe aussi quelquefois des périodes pendant lesquelles le malade présente des symptômes cataleptoîdes; il reste immobile, il parait ne rien voir et ne rien entendre, il ne mange pas. Au bout d'un certain temps, les mouvements reparaissent et le malade reprend son existence habituelle. 11 est exceptionnel que la maladie se termine par la démence *. »
1. Arnaud. In Traité de pathologie mentale publié sous ladireclionde Gilbert Ballet. Paris, Doin, 1903, pp. 568 à 672.
LE CAS lESCHOU BAR-IOSSEF 44!>
Ses souffrances et sa moi*t étaient, pensait ce malade, agréables à Dieu (« Pour cela m'aime le père^ parce que Je donne ma vie afin de la reprendre^ y>). Elles assuraient son salut éternel (« Après qu'il aura été mis à mort^ il ressuscitera le troisième jour'^ ». « Le Fils de V Homme remontera là où il était auparavant ^ » : on le verra « assis à la droite de la Puissance, s'avançant avec les nuées du ciel^ »). Des idées d'auto-mutilaiion il passa à l'attentat sur autrui (marchands et changeurs du temple). Il essaya de répandre autour de lui ses idées d'auto-mutilation (leur conseillant de se châtrer, de s'arracher les yeux et de s'amputer la main).
Dans les derniers discours de Hiérusalem, ses idées délirantes sont stéréotypées, sans variété et sans éclat. Le malade s'immobilise dans des formules monotones, il répète toujours les mêmes paroles (« Je suis le Fils d'Élohim ». « /e suis descendu du ciel ». « Le Père m'a e/ii^oyé ». « Je ressusciterai au dernier jour'^ »). 11 adopte une attitude conforme à sa mission imaginaire (exécutant dans la capitale juive l'entrée solennelle du Maschiah). Il s'emporte dès qu'on discute avec lui des questions religieuses (« Arrière de moi Schatan^l ». « Malheur à vous y
sophérim et pérouschim^ / »).
Il présenta un symptôme de catalepsie, la fameuse transôguration.