‹ La folie de Jésus (volume 2)Chapitre 72 sur 298 · Henri Plédran. Les chemineaux. Thèse de Paris · texte numérisé non relu

Henri Plédran. Les chemineaux. Thèse de Paris

baïtes ou rhémobotes, les chevaliers errants, immortalisés par Miguel de Cervantes, les anabaptistes qui, au seizième siècle, sillonnaient la France, la Suisse, TAlsace, la Pologne, TAllemagne, étaient des mystiques vagabonds. De même les stranniki (errants), qui parcourent les forêts et les montagnes de la Russie à la recherche de « Teau blanche » purificatrice, les molokanes^ qui errent dans le Caucase à la recherche de la terre promise, les hiégouny (fuyards) de la Sibérie et de TAltaï, qui n'admettent ni le mariage, ni Timpôt, ni l'observation des lois. « De temps en temps, un « fuyard » s'exaspère, attaque un pope, fait du bruit dans l'église *. » De môme les moines bouddhistes du Thibet, les darvisch (pauvres) de l'Asie musulmane^ les méthodistes itinérants. Paris lui-même a son mystique vagabond. On le rencontre au Bois de Boulogne ou sur les boulevards, vêtu d'une tunique blanche, un bâton à la main, pieds nus, tête nue, les cheveux longs, vendant son prospectus : « Régénérons l'Homme-Dieu ! »

Quelques vagabonds sont des anarchistes, tels Vaillant, Ravachol, Caserio, Luccheni.

Beaucoup se font condamner pour attentats aux mœurs sur les enfants. Le nombre des délinquants de cette espèce a presque quadruplé en France de 1845 à 1895 2.

Cette dernière constatation éclaire d'un nouveau jour le mot de leschou bar-Iossef à ses disciples errants :

« A qui scandaliserait un de ces petits enfants qui croient en moi^ mieux vaudrait qu'on lui mît au cou une pierre de meule et qu'on le jetât dans la mer^! »

L'ambulomanie est fréquente dans la race juive, race arrêtée dans son développement.

1. Félix Regnault. Hypnotisme, religion. Paris, Reinwald, 1897, p. 49.

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