‹ La folie de Jésus (volume 2)Chapitre 87 sur 298 · LE VAGABONDAGE CHRONIQUE ET LES FUGUES CHEZ · texte numérisé non relu

LE VAGABONDAGE CHRONIQUE ET LES FUGUES CHEZ

lESCHOU BAR-IOSSEF

LA FUÛUE DE HIÉRU8ALEM*

leschou bar-Iossef appartenait à la classe des théomégalomanes ambulateurs. Nous relevons chez lui à la fois

1. L'Évangile de V enfance (texte araméen, traduction Paul Peeters, Paris, Picard, 1914) contient sur le vagabondage de leschou bar-Iossef enfant des renseignements du plus haut intérêt.

Un-jour d'été, par une chaleur torride, « leschou alla trouver les enfants, à l'endroit où ils étaient réunis, et leur dit : « Venez, nous irons à tel endroit éloigné et là nous ferons la chasse aux oiseaux pour les capturer. Ils dirent : « Oui. » Et, s'é tant levés, ils allèrent en un endroit connu, dans une plaine. Ils y demeurèrent la journée entière (ch. xvii). »

Un peu plus tard les enfants lui disent : « Dis-nous pourquoi tu as disparu, nous privant de ta présence, durant de longs jours que tu n'es pas venu ici. »

Un autre jour, Miriam dit à lossef bar-Ëli au sujet de leur (Us : « Tu vois qu'il est devenu grand, il circule toujours où bon lui semble et ne se tient pas à la maison (ch. xviii). »

« Il était toujours en course, écrit l'auteur de cette biographie, pour aller voir les enfants et les jeunes garçons de la ville (ch. xx). »

A huit ans et dix mois, on nous le montre « parcourant la contrée. Les enfants et le jeune peuple se réunissaient autour de lui... Un jour, comme ils s'étaient réunis, il partit avec eux pour un endroit éloigné ».

Comme il avait neuf ans et deux mois, sa mère lui dit:

« Je remarque que voilà trois jours que tu n'es pas passé par la maison (ch. xxi). >»

Ses parents s'étant installés pour six mois à Harimatbaïm de Galilœa, « leschou circulait sur le territoire de la ville » (ch. xxiii).

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le vagabondage chronique et le vagabondage aigu c'està-dire les fugues.

La première se produisit sous l'influence de l'autointoxication pubérale.

L'évangéliste Lucas la raconte en ces termes :

« Son père et sa mère se rendaient tous les ans à Hiérusalem^pour la Paskhâ. Quand il eut atteint douze ans y ils y montèrent selon la coutume de la fête^ mais^ la semaine achevée y quand ils s* en retournèrent ^ le jeune leschou^ à leur insu^ demeura dans Hiérusalem, Eux, estimant qu*il était en leur compagnie^ cheminèrent une journée. Ils le cherchèrent parmi leurs parents et connaissances et y ne le voyant points revinrent à la ville pour le chercher. Au bout de trois jours y ils le trouvèrent au temple ^ assis parmi les sophérim^ les écoutant et les interrogeant ^ émerveillant par

Ils séjournèrent ensuite à Emmaûs. « leschou avait dix ans et il circulait par la contrée (ch. zxiv). »

Autre fugue à Nazareth. Il s*esquive pendant une journée et encourt à ce sujet les reproches de sa mère :

• Où es-tu allé pendant la journée entière, tandis que moi j'ignore ce qui l'est advenu et que je m'alarme sur toi à la pensée que tu circules seul en ces endroits écartés ? »

• leschou dit :

<t Que me veux-tu ? Est-ce que tu ignores que je dois dorénavant parcourir le pays et voir s'accomplir ce qui est écrit de moi ? Car c'est pour cela que j'ai été envoyé. »

u Mîriam dit :

« Mon (Ils, comme tu n'as encore que l'âge d'un enfant et non d'un homme fait, ne va donc pas ainsi n'importe où, de crainte qu'il ne t*arrive malheur •

« leschou dit :

• Ma mère, tes somhres pensées ne sont pas raisonnables, car je sais tout ce qui doit arriver. •

« leschou, continue VÉvangile de Venfance, parcourait seul le pays des Galiléens (ch. xxvi). »

Le voici à Boisboroln. De là il revient à Nazareth en état de fugue.

• Et leschou, conduit par la puissance de la Rouahy s'en fut de nouveau dans la ville de Nazareth. Et il circulait toujours dans les endroits cachés (ch. xxvii). »

Un peu plus tard, il se rend en pèlerinage à Hiérusalem.

son intelligence et ses réponses tous ceux qui l'entendaient^. »

Les sophérim se réunissaient en effet dans une annexe du temple, pour s'y livrer à la controverse et à renseignement religieux.

« Et quand ils (ses parents) le cirent ^ ils s'étonnèrent et sa mère lui dit :

a Enfant, pourquoi en avoir ainsi usé avec nous? Ton père et moi en grand' peine'^ te cherchions. »

— « Pourquoi me cherchiez-vous ? répondit-il, (Autrement dit : « Qu'y a-t-il entre vous et moi ? Je n'ai rien à faire avec vous. ») Vous ne savez donc pas que je dois être occupé des choses de mon père? » (Sous-entendu : « Vous, vous n'êtes pas mes véritables parents. »)

Mais ils ne comprirent point ce que V enfant Leur disait. Alors il descendit avec eux et monta à Nazareth, où, il leur fut soumis ; sa mère gardait toutes ces choses en son cœur ^. »

Le mobile de cette fugue nous est indiqué par la réponse que leschou bar-Iossef fit à sa mère.

Il se croit déjà le fils de lahvé; il croit que ses parents usurpent ce titre et, comme ils se refusent à voir en lui ce qu'il prétend être, ils ne lui inspirent qu'aversion. Aussi profite-t-il de la confusion du pèlerinage pascal pour échapper à leur surveillance et se rendre dans la maison de son véritable père, c'est-à-dire dans le temple de Hiérusalem^.

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