Évangile de Lucatt, II
4. Le Toldos fescfiou nous raconte que leschou bar-Iossef aurait, tout jeune encore, quitté N.izareth à la suite d'une excommunication :
« Lorsque leschou sut qu'il était exclu du kahal, il fut très affligé ei
LE VA.GABONDAGE ET LES FUGUES CHEZ lESCIIOU 1^27
LA FUGUE A BETHABARA
Chez les Juifs, le fils apprenait généralement le métier de son père.
leschou bar-Iossef exerça donc, pendant un certain temps, le métier de charpentier. L'auteur de VÉi^angile selon lohanan dit Markos l'appelle 8 TèxTCOV et loustinos le martyr nous apprend qu'il fabriquait des jougs et des charrues ^ Il se livrait sans doute aussi aux travaux des champs, suivant la coutume des artisans dans les villages
prenant la fuite, il se retira dans la Galilœa Bupérieure, et il y vécut de longues années. »
D'après la Vie de saint Issa/û aurait, à treize ans, quitté la maison paternelle et voyagé dans l'Inde septentrionale.
Ceci cadre assez bien avec cette réflexion de Dietrich von Holbach :
S'il (leschou) fût toujours demeuré à Nazareth, les habitants de cette petite ville l'auraient connu parfaitement; bien loin de là, ils sont surpris de le voir à trente ans, ils soupçonnent seulement de le connaître, ils se demandent les uns aux autres : « N'est-ce pas là le fils de Joseph? » Question très ridicule dans la bouche de gens qui auraient vu habituellement Jésus dans l'enceinte de leur petite ville, m (Von Holbach, Hiêloire critique de Jésus-Christ, tome H, pp. 93-94.)
1. loustioos. Dialogue avec Tryphon, 88. D'après VÉvangile de VEnfance (chap. xxxviu), il fabriquait aussi des portes, des coffres et des cribles. • Je suis bien surpris, écrit plaisamment Dietrich von Holbach, que ri^glise romaine, parmi tant de reliques qu'elle expose à la vénération de ses sectateurs, ne donne point une place distinguée à quelque solive ou à quelque autre ouvrage de la façon du Christ. » (Dietrich von Holbach, Discours sur les miracles de Jésus-Christ, tome 1, pp. 184-189.)
Il n'aurait travaillé que d'une façon accidentelle. En effet, dans VÉvangile de VEnfance (texte arménien), lossef bar-Eli dit au teinturier Israël : " Il a passé par beaucoup de métiers sans y persévérer (ch. xxi). »
Et Miriam à leschou lui-même :
« Nous avons eu soin de te faire apprendre toutes les professions durant ton enfance, et tu n'en as rien fait. Tu ne t'y es pas prêté. Et, mamtenant que tu es devenu grand, que veux-tu faire et comment veux-tu vivre sur la terre? »•
Tout cela n'est-ii pas remarquable ? Remercions le bollandiste Paul Peeters d'avoir traduit le texte arménien de VEvangile de VEnfance.
juifs, car il connaissait trop bien les choses de ragriculture pour ne pas s'y être adonné.
Il ne mania pas longtemps l'herminette et la varlope. Â trente ans, alors que son délire était complètement édifié, la voix d'un évangélisateur, qui l'annonçait en annonçant le Maschiah, l'arracha à son établi et lui fit franchir les 80 kilomètres qui séparaient Nazareth du lieu où prêchait lohanan le Baptiseur.
« Or il advint en ce temps-là^ que leschou^ quittant Nazareth^ bourg de Galilœa, se fit baptiser par lohanan auJordanes^. »
C'était « au-delà du Jordanes- », c^est-à-dire sur la rive orientale de cette rivière, à 15 kilomètres en amont du lac Asphaltite, au gué de Bethabara, gué sacré par où les Juifs avaient pénétré en Kénaân et que traversaient un grand nombre des pèlerins se rendant à Hiérusalem.
En cet endroit « une oasis, fraîche, profonde, ombreuse^ », court de chaque côté de la rivière sur une profondeur de 100 mètres, mieux qu'une oasis, une sylve d'énormes trembles à l'écorce nacrée, au feuillage touffu, aux chatons de pourpre, de tamarisques tors, tout suintants de résine, de sycomores monumentaux, de thuyas et de saules, alourdis par les lianes pendant en longues tresses. Cette sylve recouvre un hallier et une oseraie, où se cachent l'once et la panthère, où jadis rugissaient les lions. Çà et là s'ouvrent de petites clairières, parsemées de bulbeuses pareilles à des étoiles. Entre ces remparts de verdure et des palissades de roseaux qui atteignent deux fois la hauteur d'un homme, sous les arbres tombés en travers de son lit, le Jordanes, large de