‹ La folie de Jésus (volume 2)Chapitre 94 sur 298 · Irmeyahou. Lamentations, V · texte numérisé non relu

Irmeyahou. Lamentations, V

s'inquiète peu qu'il ait détruit plus de bois que toute la contrée ne pourra en produire en dix ou quinze ans : le feu lui a préparé une exploitation facile en consumant les feuilles et les petites branches de broussailles ; avec une serpe, il fait quelques fagots dont il charge ses ânes, il prend un charbon pour allumer son narghileh et s'en retourne dans sa cabane sans se douter qu'il a été un instrument des vengeances divines...

« A Tyr, continue cet auteur, je me suis entretenu longuement avec un des principaux habitants du pays sur le déboisement des montagnes; j'ai cherché à lui faire comprendre que la Palestine était autrefois très fertile et très peuplée; que les sommets des montagnes, qui ne sont plus aujourd'hui que des roches arides, étaient couverts d'arbres : ce qui procurait alors une température plus douce en élé, des rosées plus abondantes, une alimentation plus régulière des sources, par conséquent l'assainissement et la fécondité du sol. Il demeura dans la plus parfaite incrédulité et me répondit froidement : « Il faut mettre souvent le feu à nos montagnes, parce que, si elles portaient des arbres au lieu des buissons, nous ne pourrions ni les couper avec nos serpes, ni les transporter avec nos ânes, n'ayant ni outils, ni chemins, ni chariots ^ »

l.Mislin. Les saints lieux. Paris, Lecofîre, 1858, t. III, pp. 463, 454. En Algérie le pillage est le môme. Durant l'année 1913, soixanle-dix mille hectares de forêts furent ainsi ravagés par l'incendie et, au moment où j'écris ces lignes, trois foyers, devant moi, par delà la baie d*Alger, illuminent les hauteurs duDjurjura comme des phares géants. On ne découvrira pas les coupables en raison du procédé employé. Il consiste à entourer un tronc d'arbre d'un manchon de paille garni d'allumettes pendant les moisoù souffle le sirocco.

Ce vandalisme a une cause profonde, une cause biologique. L*Arabe, manque d'activité musculaire. Il est paresseux et le seul métier qui lui convienne est celui de pasteur. Alors que le Kabyle ou Berbère accepte tous les travaux et s'expatrie même pour s'en procurer, l'Arabe entend rester au milieu de ses moutons ou de ses chèvres à rêver tout le jour. Le métier de pasteur exige des pâturages ; il incendie les forêts pour s'en procurer.

LE VAGABONDAGE ET LES FUGUES CHEZ lESCHOU 137

Donc, SOUS radministration turque, sans répit et sans obstacle, le sémite a ravagé la forêt. Les pluies ont emporté la terre nourricière et la végétation a disparu peu à peu. Plus de fruits, plus de légumes, plus de céréales, plus d'agriculteurs, plus d*hèrbe, plus de troupeaux, plus de bergers, plus d^hommes. Libéré de la surveillance romaine, le sémite a transformé la Palestine en désert.

Au temps où Pontius Pilatus y patrouillait avec ses cohortes, c'était un pays splendide. Six grandes routes la traversaient, attestant sa richesse et sa fécondité. Entre THermon neigeux et les terrasses de la Gaulanitis s'étendait une région volcanique qui nourrissait trois millions d'hommes, répartis en deux cents agglomérations : a C'était, écrit lossef bèn-Matthia, l'un des plus fertiles territoires de la Galilœa ^ »

« La terre qui environne le lac de Génézareth (de Tibérias), et qui porte le môme nom, écrit-il encore, est admirable par sa beauté et par sa fécondité. Il n'y a point de plante qu'elle ne puisse produire 2. »

On lit enfin, dans le Talmud de Hiérusalem^ que le territoire de Tibérias est d'une telle fécondité que le lait et le miel y coulent •^.

Les montagnes basaltiques, hautes de dcuxàtrois cents mètres, qui environnent le lac, aujourd'hui grisâtres et ravinées, si ce n'est sur la rive occidentale, étaient, au temps de leschou bar-Iossef, couvertes de cèdres, de chênes, de noyers, d'oliviers, de figuiers, d'orangers, de citronniers, d'amandiers et de palmiers. Vespasianus y trouva assez de bois pour construire une flotte. Cette végétation adoucissait la température de Tair, qui atteint aujourd'hui jusqu'à 43» à l'ombre.

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