Évangile de lohanan bar-Zébadya^ X
Lk: UAISON^IEMENT 1!27
Majeure : Qui parle d'après lahvé est véridique.
Mineure (non articulée par le Ihôomane) : Or, puisque je sais les Ecritures saas les avoir apprises, c'est que je parle d'après lahvé.
Conclusion : Donc je suis véridique, et il faut me croire quand je me dis le fils et Tenvoyé de lahvé.
Ce raisonnement pèche par la majeure et par la mineure. En efîet :
1^ lahvé est une création de Timagination juive;
2* leschou bar-Iossef n'était pas allé à Técoie des rablùs, mais il avait lu les Ecritures.
VIII. « Ne vend-on pas deux passereausc un p^U as? Néanmoins aucun d'eux ne tombera à terre sans lapermission de votre Pèr*e, Les cheveux même de voire tête sont tous comptés; ne craignez donc points vous valez mieux que beaucoup de passereaux ^ »
Voici le raisonnement :
Majeure (oon articulée par le Ibéomane) : Vqus valez plus que de4 passe^*eaux.
Mineure : Or lahvé protège les passereaux.
Conclusion : Donc il vous protégera.
Ce raisonnement est complètement faux. En effet :
i** lahvé est une création de Timagination juive ;
â<^ ËQ adixieltant qu'il existe^ i) n'est pas certain qu'il protège les passereaux ;
3^ Les protégerai t^l, qu on n'en saurait conclure qu'il protège les disciples de leachou bar^lossef.
X Éo^maU^ sehn Uai dit Mailhia, X.
IX. Le Plis d'ÉIobim démontre de la manière suivante la réalité de la résurrection :
« A rendrait des morts qui doivent ressuscitery n'avezvous point lu dans le Livre de Moschi. comment Élohim lui parla au buisson, disant: « Je sais r Élohim d'Abraham et « r Élohim d'Icehak et V Élohim de laàkob ». Or^ il n'est pas r Élohim des morts, mais des vivants. Vous errez donc grandement. »
Autrement dit :
Majeure : Élohim est le dieu des vivants.
Mineure : Or Élohim dit de lui-même : « Je suis TÉlohim d'Abraham, d'Icehak et de laâkob. »
Conclusion (non articulée par le théomane) : Donc Abraham, Icehak et laâkob sont vivants, c'est-à-dire ressuscites.
Ce raisonnement pèche par la majeure et parla mineure.
En effet :
i"" lahvé est une création de Timagination juive ;
2*" En admettant qu'il existe, il n'est pas certain qu'il soit le dieu des vivants ;
Z"* En admettant qu'il existe, il n'est pas certain qu'il ait prononcé la phrase que l'écrivain biblique lui attribue. Majeure et mineure n'ont d'autre appui que la lettre de la Bible.
On voit qu'il y a loin des raisonnements de leschou barlossef à ceux d'un Bertrand ou d'un Poincaré. Sept fois sur sept leschou part de prémisses fausses, à lui transmises par suggestion ou engendrées par son délire.
Que des pêcheurs du lac de Tibérias, que des montagnards galiléens, que ces théologiens juifs qui nous ont
laissé, dans les talmuds, un monument de méticuleuse absurdité S aient pu se contenter de raisonnements pareils, il n'y a point là de quoi nous surprendre. Mais qu'un des guides de notre jeimesse, que M. Wilfred Monod, pour ne point le nommer, vienne nous parler, après cela, de « l'imperturbable bon sens du Mfiître ^ », il y aurait de quoi désespérer de l'avenir de notre pays, si nous ne savions qu'il renferme, au-dessous de renseignement supérieur et de renseignement secondaire, dans les obscures profondeurs de ses écoles communales, de ses écoles techniques et de ses ateliers, une formidable réserve « d'imperturbable bon sens » et de farouche énergie !
Sur ces neuf raisonnements du mégalothéomane, trois sont complets, c'est-à-dire contiennent les trois termes du syllogisme : la majeure, la mineure et la conclusion.
Les six autres sont incomplets. La majeure manque dans le troisième et le huitième ; la mineure dans le quatrième, le sixième et le septième ; la conclusion dans le neuvième. Or le raisonnement par enlhymème, c'est-à-dire par omission d*un des termes du syllogisme, est constant chez Taliéné. Les évangélistes ignoraient évidemment celte particularité. Ils n'en ont pas moins fait raisonner par enthymème le fils du charpentier de Nazareth. C'est là une nouvelle preuve de l'historicité de leurs biographies.
D'ailleurs leschou bar-Iossef ne se servait du raisonnement que pour convaincre, et non pour atteindre à la vérité.
Qu'il eût une mission divine à accomplir, qu'il fût La Lumière du monde, le Filsde Iahvé,!le Maschiah, le vainqueur des démons, le maître du Schabbath, que lahvé protégeât
1. Dans la Revue sémiUque, Halévy appelle leschou bai^Iossef « la plus forte tête rationaliste de l'époque ». On peut, par là, juger des autres (Encore Vexprtêtion Fils de f Homme, 1903, p. 124).
2. "WilCred Monod. Morales et religions, Paris, Alcan, 1909, p. 125.
IBO LA POUB DE Jésus
ses disciples d*une façon particulière et qu'ils dussent ressusciter pour le Royaume des cieux, c'était, pour lui, Tévidence môme.
Ses raisonnements n'étaient donc que des raisonnements de justification.
Les paranoïaques ne sont point les seuls à raisonner de cette manière. Le mot de Nicole est toujours vrai : « Ce n'est pas la raison qui se sert des passions, mais les passions qui se servent de la raison pour arriver à leurs Ans. » C'est sur le raisonnement de justifîcation que la société actuelle est fondée; c'est grâce à lui qu'elle se défend.
Songe-t-on à ce qui arriverait si tout le monde se mettait à raisonner d'une façon correcte. Songé-t-on à quels catastrophes nous assisterions, à c|uels effroyables cataclysmes ! Ce n'est point Atlas qui soutient le monde, c'est le crocodile de Chrysippos et, s'il venait à oublier sa fonction, le formidable échafaudage de diallèles et de paralogismes qui constitue le « bon ordre des choses » s'écroulerait, écrasant tout^ Aussi les gens qui observent les règles de la logique sont-ils appelés, à juste titre, <c les ennemis de la société ».