‹ La folie de Jésus (volume 3)Chapitre 129 sur 410 · Évangile selon Lévi dit Matthia^VU · texte numérisé non relu

Évangile selon Lévi dit Matthia^VU

de vue intellectuel, inférieur et de beaucoup à certains des aliénés dont j'ai cité les productions. Cela ne fait que confirmer cette remarque de Marcé, contresignée par tous les aliénistes : « La monomanie religieuse... se rencontre en général chez les sujets d'un esprit faible et borné*. »

Et cependant il fallait bien qu'il y eut quelque chose ! Les gens qui suivaient le fils du charpentier de Nazareth étaient — c'est entendu — des ignorants, des arriérés, des dégénérés, des névropathes, à l'enthousiasme facile, recrutés parmi les pêcheurs, les paysans, les publicains et les prostituées, dans les classes inférieures de la société. C'était une tourbe intellectuelle, analogue à celle qui roule, hurle et râle dans les rues de Lourdes, à l'époque des pèlerinages.

Encore faut-il expliquer que le mégalothéomane soit parvenu à la rassembler, à la remuer, à la tratner à sa suite, en un temps où les prédicateurs abondaient.

Ce succès était dû à un ensemble de phénomènes trop délicats pour que des gens grossiers comme les évangélistes aient pu les noter et les décrire. Ce qui enlevait ces foules paysannes, c'était moins ce que leschou bar-Iossef disait (elles n'y comprenaient pas grand'chose) que la façon dont il le disait, car il parlait « comme ayant aulorilé^ ». C'était le feu de son regard, la tension de ses traits, la fierté de son attitude et de sa démarche, la véhémence de son geste, les inflexions de sa voix, c'était la conviction qui s'échappait de son être tout entier, c'était une éloquence dont il ne nous est rien resté, parce qu'elle était purement sentimentale et passionnelle.

Le spectacle que nous offre, aux jours de grande séance.

1. Marcé. Traité pratique de% maladies menlales. Paria, Baillière, 186S, p. 366.

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