LES JOIES
ï Physiologie des plaisirs et des Joies.
Le plaisir n'exisle pas. II y a de^ plaisirs.
« Quelle différence, écrit Letourneau, entre le plaisir causé par le bien-être d'une santé parfaite, celui que donne au gourmet un excellent dîner et l'impression agréable accompagnant un travail intellectuel intéressant, ou bien les joies purement affectives ! Quelle différence de couleur encore entre ces dernières impressions morales et celles qu'éveillent en nous la vue d'une belle œuvre d'art, l'audition d'une mélodie touchante * ! »
Selon moi, les plaisirs ne sont pas, comme on le croit communément, des modes de la sensation, mais des sensations particulières 2, ayant leurs organes différenciés. Au mol vague par lesquels on les désigne je propose de substituer l'expression de sensations hédoniques. Qui niera
1. Letourneau. Physiologie des passions. Paris, Germer-BaiHière, 1868, p. 58.
2. Meynert croit aussi que le plaisir et la douleur sont des sensations spéciales.