Marc. De ta folie. Paris, Baillière, 1840, p
3. Achille Foville. Note sur la mégalomanie. Annales médico-psychologiques, 1882, p. 33.
de visions diaboliques, se croient même menacés par Satan. Ordinairement ces attaques démonomaniaques passent bien vite et Tascétisme continu, ainsi que la concentration religieuse, produisent bientôt de nouveau des visions célestes *. »
Ces accès de « sécheresse », de désolation, d'abandon, qui furent particulièrement remarquables chez Teresa de Cepeda et Rosa (de Lima), sont les lames de fond d'une tristesse qui occupe la presque totalité de leur vie. Comme Irmeyahou, Tauteur des LameniaiionSy tout prophète ne prophétise guère que le malheur.
Les mystiques non délirants ont conscience de l'origine organique de cet état d*âme. Le solitaire Lao-Tseu disait du sage « que son corps lui pèse comme une grande cala* mité 2 ». Pour les saints bouddhistes, la corporéité est la cause première de toute douleur. Saints et saintes catholi* ques ne demandent qu'à être délivrés de leur corps,
Les tristesses chez leschou bar-Iossef.
leschou bar-lossef n'échappa point à cette loi pathologique.
« Un trait qui frappe fortement dans l'exaltation de Jésus, surtout quand on lit le plus ancien évangile, est ce qu'elle a de triste et même d'amer 3. »>
L On retrouve chez lui, dès le début de sa « mission », une de ces périodes de mélancolie que nous décrit Krafft-
1. Krafft-Ebing. Traité clinique de psychiatrie. Paris, Maloine, 1896, p. 482.
2. Murisier. Les maladies du senliment religieux. Paris, A\can,l90Si, p. 23.
3. Ernest Havei. Études d'histoire religieuse. Revue des Deux Mondes
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Ebing. Elle ee traduisit par une retraite dans le désert de Judœa, par un accès de sitiophobie et par un accès de démonomanie externe. La démonomanie n*est en efTet que la manifestation hallucinatoire d'un étal mélancolique.
II. Un nouveau mouvement de tristesse nous est signalé chez lui, dans la synagogue de Capbarnaum.
(( leschou entra... dans la synagogue^ où il y avait un homme dont la main était desséchée K On F observait pour voir s'il le guérirait au Schabbath^afin de Ven accuser '^. les^ chou dit à r homme qui avait la main desséchée :
« Lève-toi au milieu de rassemblée ! »
Et il leur adressa ces mots :
« Est-il permis de faire le bien au Schabbath^ ou de faire le mal? de sauver une personne^ ou de la tuer? »
Mais ils se turent.
A lorSj les enveloppant d'un regard de colère^ et affligé ^
EN MÊME TEMPS DE l'eNDURC(SSEMENT DE LEUR COEUR, // dit à
Vhomme :
« Élends ta main * / »
III. Un peu plus tard, à Dalmanutba, Tincrédulité des pérouschim à Tégard de sa messianité le plongea de nouveau dans la tristesse :
« // gagna le territoire de Dalmanutha. Survinrent les pérouschim^ lesquels se mirent à discuter avec leschou^ lui réclamant un signe du ciel, pour le tenter. Mais il dit^ en