‹ La folie de Jésus (volume 3)Chapitre 16 sur 410 · I. PhiKppe. L'image mentale. P^ris, Alcan, 1903, p · texte numérisé non relu

I. PhiKppe. L'image mentale. P^ris, Alcan, 1903, p

La reconnaissance résulte donc d'une sensation interne. C'est la « qualité de familiarité » dont parle HôfTding^ le « sentiment intellectuel sui generis » de Bourdon 2. Quant aux souvenirs successifs d'un même objet, ils se distinguent par les images qui leur sont associées.

Les strates mnésiques.

Taine cite le cas d'un astronome qui oublia successivement les événements de la veille, puis ceux de l'année, puis ceux des dernières années, et ainsi de suite, jusqu'à ce qui ne lui restât plus que ses souvenirs d'enfance. Les souvenirs perdus reparurent en sens inverse, ceux de la jeunesse, puis ceux de l'âge mûr, puis ceux des derniers temps. Lorsqu'il mourut, sa mémoire était complètement restaurée'.

Il semble donc que les souvenirs se stratifient dans l'écorce cérébrale suivant l'époque où ils ont été recueillis. Ribot qualifie de puérile cette hypothèse, déjà émise par d'autres auteurs, parce que les neurones mnésiques des divers centres « peuvent occuper des positions très diverses, depuis l'écorce du cerveau jusqu'il la moelle ^ ». Il eut surprenant que l'éminent psychologue n'ait point songé à ces roches ignées où Ton voit une même couche présenter les ondulations, les repliements, les sinuosités les plus imprévues. Pourquoi les souvenirs ne seraient-ils pas stratifiés dans le cerveau à la façon des veines de l'agate, du jaspe ou de la cornaline? Pourquoi les strates mnésiques

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