IX. Voici une anecdote charmante
« leschou étant assis (dansi'Âzarath naschim, au temple) vis'à'vis du tronc (une des schouferolh, troncs en forme de trompette qui se trouvaient dans cette cour) examinait de quelle façon la foule y mettait la monnaie de cuivre. Plusieurs riches y jetaient beaucoup. Vint une pauvre vieillCy laquelle mit deux pites^ qui font un quart d'as» Alors, appelant à lui ses disciples, leschou leur dit :
« En vérité je vous le déclare, elle a déposé plus au tronc que tous les autres; car ceux-ci y ont mis de leur superflu ; celle-là, malgré sa pauvreté, a mis tout ce qu'elle avait, toute sa fortune'^, »
Dans tout cela, à vrai dire, il n'y a que des mouvements de pitié. Or la pitié se rencontre chez les égoïstes; elle peut même être chez eux agissante, l'égoïste ne tendant, en calmant la douleur d'autrui, qu'à supprimer en lui-môme le reflet de cette douleur. Toutefois, certaines des règles morales que le Fils de THomme préconise : Tamour du prochain (le prochain étant devenu pour lui tout homme capable de pitié et de dévouement), la bienfaisance envers ses ennemis et le pardon des offenses^ tendent à prouver que Taltruisme n'était pas moins développé chez lui que chez Guillaume Monod ou chez le théomane de Legrain.
Plusieurs fois il mit en pratique le pardon des offenses.
X. Un jour, se rendant à Hiérusalem, « // dépêcha devant lui des messagers, lesquels, s^étant mis en route, entrèrent en une bourgade des Samaritains, pour préparer