Évangile de lohanan bar-Zébadga^ XIII
« Seigneur y tu me laverais les pieds ! »
— « Maintenant y répondit leschou, tu ne comprends point ce que je faisj mais tu l'entendras plus tard. »
— « Jamais^ reprit La Pierre^ tu ne me laveras les pieds! » leschou répliqua :
« Si je ne te lave point les pieds^ tu n^as point de part avec moi ! »
Alfred Loisy cotninente ainsi ce passage : « Ainsi Pierre sera damné si Jésus ne lui lave pas les pieds! On peut dire qu'il y a menace personnelle, réclamation d'obéissance ^ »
— « Seigneur^ s'écria La Pierre^ non seulement mes piedsy mais aussi les mains et la tête ! »
Mais leschou n*en veut qu'aux pieds de Tapôtre :
« Celui qui est baigné^ dit leschou^ a seulement besoin qu'on lui lave les pieds ; pour tout le reste il est propre *. »
C'est \h, on en conviendra, une scène singulière.
A la vérité, chez les Juifs, qui marchaient pieds nus ou chaussés de sandales, c'était un devoir pour Thôte de mettre à la disposition des voyageurs un vase plein d'eau et un linge, afin qu'ils pussent se nettoyer et se rafraîchir les pieds, ou de les leur faire laver par un esclave. C'était aussi une précaution indispensable pour qu'ils ne souillassent point les tapis et les divans et sur lesquels ils se couchaient. Mais jamais on ne se levait de table pour laver les pieds de ses commensaux.
De cet acte le mégalothéomane donna l'explication suivante :
« Entendez-vous ce que je vous ai fait ? Vous m'appelez « Rabbi » et « Seigneur » et vous avez raison, car je le suis. Si donc je vous lave les pieds y moi le Seigneur et le Rabbi,
1. Alfred Loisy. Études évangeliques, Paris, Picard, 1903, p. 321.