Guémard de Jérusalem, Yoma, VIII
Bené-Israêl, les golm étaient des « ânes » et des (c chiens ».
Ceci est de tous les temps. De tout temps les Juifs ont méprisé et détesté les non-Juifs : Babyloniens, Ninivites, Antiochiens, Romains. Ces haines de races se retrouvent avec la même intensité chez tous les sémites. L'Arabe déteste et méprise le « giaour » et le « iahoudi ».
Au temps de leschou bar-Iossef, les Juifs haïssaient surtout:
1® Les Romains, devenus leurs maîtres ;
a® Les publicains et les péagers.
Il y avait deux classes de publicains.
Les premiers étaient des chevaliers romains, des capitalistes groupés en compagnies, qui achetaient aux enchères publiques les revenus des colonies romaines.
Ils sous-louaient leurs fermes à des entrepreneurs fixés dans le pays. En Palestina, beaucoup de ces publicains de second ordre étaient des Juifs. C^étaient eux qui percevaient le tribut du césar, taxe personnelle se composant d'une capitation fixe et d'un impôt sur le revenu, et frappant tout Juif âgé de douze ans (femmes) ou de quatorze ans (hommes) à soixante-cinq ans. C'étaient eux encore qui recueillaient la dîme des grains, le cinquième du vin et des fruits, les contributions indirectes, lesquelles absorbaient jusqu'à 12, 5 Vo de la valeur de Tobjet, les droits de douane, le péage des ponts et des routes. Ils avançaient, moyennant des intérêts usuraires, Timpôt aux contribuables momentanément gênés, et n'hésitaient pas à poursuivre jusqu'à la prison le remboursement de leurs créances. Les Juifs les détestaient. Us s'interdisaient de changer de l'argent dans leurs trésoreries, refusaient leur aumône et se croyaient autorisés à leur faire de fausses déclarations sur la matière imposable ^ Le publi-
1. Talmud de Babylone^ Nidda, folio 77 a; Baba Kamma, folio 49,
3iO LA FOMB OK JÉSLS
cain étoiUil Juif? Il était ^GommuRié; son kémoignage fi'élaft pas reçu devant I09 sanhédrins; on le mettait au rang dé» volears^ des meiirtriarsi d^s femmes de mauvaise vie et des go'îrn.
Les publicfiins avaient à leur service des minusculaires, les péagerSi Ces fats-de-oavef insolents et voleurs, que les Juifs rencontmient partout» dans les villes, dans les villageSy sur les routes, à Tentrée des ponts, n'étaient pas moins détestés que leurs maîtres ^
Les Juifs haïssaient eneore :
3*" Les Chananéens^ qu'ils avaient dépossédé de leurs terres et qui^ sMa doute^ ne I0 leur avaient point pardonné ;
&* Les Samaritaine^ métis de Juifs et d^ Assyriens, qui à leur tare anthropologique ajoutaient une tare religieuse, ot fn^étendaient adorer lahvé, non à Hiérusalem sur le Mcrria^ tnais en Bamaria sur le Garizim.
Or lesofiou « était purement un Juif; il n'a pas fait un acte ou dit une parole qui ne soit juive^ ». Il partageait les haints de sa raoe*
I. Pour se rendre k Hiérusalem, il évitait de traverser \û Samaria et prenait par la riVe gauche du Jordanés.
IL II tenait des propos contre ridopéralôr qui rappelaient ceuk de lehooda (de Gatnala) :
« N^appétèt personne mattré, car un seul est votre mùtirê^èlé, »
IlL On Taceusaitde défendre, comme Tinsurgé galiléen, de payer le tribut du césar.