Abréviation de Romani
2. Strauss. Vie de Jésus, Paris, HeUel, H, p. 291. 8. Évangile de Lucas^ VU.
que LES FILS DU Royaume (les Juifs) seront expulsés dans
LES TÉNÈBRES DU DEHORS, LA OU IL Y AURA LAMENTATION ET GRINCEMENT DE DENTS ^ »
« Le ftoyaume d'Élohim, dira-t-il encore aux Hiérusalémites, vous sera enlevé pour être donné à une nation qui en produira les fruits 2. »
De là, chez certains apologistes, cette affirmation que le flls du charpentier de Nazareth était un internationaliste, à la façon de Guesde ou de Jaurès. Il n*est point d'erreur plus grave. Comme tous les mégalothéomanes, leschou ne s'intéressa jamais qu'à lui-môme et à ceux qui croyaient en lui.
S'il blâme ses disciples de demander que le feu du ciel tombe sur des Samaritains qui ont refusé de recevoir la troupe errante, parce qu'elle se rendait pour une fête religieuse à Hiérusalem, c*est que Toutrage s'adressait au judaïsme et non pas à lui, et s'il conte la parabole du Bon Samaritain, c'est que la foi qu'avaient en sa divinité certains de ces hérétiques avait modiQé sa conception du prochain, telle qu'elle lui avait été suggérée par ses congénères. « Les Juifs, écrit Alfred Loisy, en refusant de l'entendre, l'avaient poussé vers les païens 3. »
Le prochain, pour lui, ce n'était plus le Juif, mais ce n'était point l'homme, c'était le ieschouite, rien de plus, quelle que fût sa nationalité et sa race. Lorsqu'il dit de ses disciples : « Je prie pour eux^ non pour le monde », nous touchons le fond de son altruisme.
Au surplus, cette conception du prochain, nous la retrouvons telle quelle chez les chrétiens fanatiques du vingtième siècle. Leur miséricorde n'est infinie que pour leurs core-
1. Évangile ulon Uvi dit Mallhia, VIII. S. Évangile selon Uvi dit Matthia, XXI.
8. Alfred Loity. Jiëtu et la tradllion ivangilique, Paris, Nourry, 1910, p. 868.
«Mi LA FOLIE DE JÉSUS
ligionnaires. Quant à rincroyant, à Tincroyant réfléchi et incurable, il est bon pour les fossés de Monjuich.
lèschott bÀr-lossef et les autres {yrcphôtes.
leschou bar-Iossef s'assimilait aux anciens prophètes. C'est ce qui ressort de Tapostrophe suivante :
« Hiérusalem ! Hiérusalem! qui massacres les prophètes et lapides ceux qui te sont envoyés! combien defoisai-je voulu assembler tes enfants y comme la poule assemble ses poussins sous son aile^ et vous ne l'avez point voulu * / »
Il était en effet de ses prophètes à qui Ton jetait des pierres.
Or les mystiques se haï85^nt entre eux. Nicolas Boileau^ Despréaux nous a laissé la peinture amusante des rivalités intestines du clergé français au dix-séptiëme siècle. C'était bien autre chose en Palestine. Les historiens de la Bible
nous montrent Eliyahou massacrant les prophètes de Baal, et Cidkiyahou bèn-Kenaâna souffletant Mikayehou.
Au premier siècle de Fère vulgaire, les querelles et les pugilats étaient si fréquents dans le temple de Hiérusalem que les procurateurs en faisaient surveiller le parvis par des factionnaires postés sur les tours de la forteresse Ântonia. Ceux-^ci, en cas de tumulte, avertissaient la garde, qui intervenait et rétablissait Tordre.
Ces fonctionnaires, nous les retrouvons aujourd'hui presque à la môme place; ils n^ont fait que changer de costume : ils ont dépouillé le casque et la chlamyde des légion-^ naires,pour revêtir le fez et la veste des soldats turcs. Le pacha de Jérusalem, qui a son sérail à Tendroit même où Pontius Pilatus avait son prétoire, s'est vu en effet dans